ONLINE ISSUE No: 326

Friday 18 July 2008

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QUOTE OF THE WEEK
"There is no safety for honest men except by believing all possible evil of evil men"
-- Edmund Burke

 

 

Partielle et Présidence : Dilemme ou clarification sur les alliances?

« Partielle : Ce ne sera pas une partie de promenade de santé ni pour le PTr ni pour le MMM… »

* Alliance MMM-MSM : « On peut deviner aisément la pagaille que ça va générer »

* « Pravind Jugnauth peut se permettre de donner du temps au temps quitte à traverser des déserts »

* « La présidence est une carte stratégique maîtresse du PM… qui a tout son temps… » 

L’invalidation de l’élection d’Ashock Jugnauth, si elle est confirmée par le Privy Council de même que l’expiration du mandat présidentiel de SAJ vont marquer de manière certaine cette année cruciale sur le plan politique. D.E.V., notre consultant politique, spécialiste des comportements électoraux, auteur, entre autres, de l’analyse accompagnée de prévisions portant sur les législatives de 2005 (MT, 24 juin 05), très proches des résultats des urnes, jette un éclairage sur ces deux événements majeurs avec comme toile fond la question d’alliances électorales… 

Mauritius Times : Si le Privy Council confirmait l’invalidation de l’élection d’Ashock Jugnauth, donc la victoire du camp travailliste, cela pourrait déboucher paradoxalement sur une situation difficile pour le gouvernement. Comment, selon vous, compterait-il s’en sortir ?

D.E.V. : Il n’y a pas que l’Alliance sociale qui se prépare à l’éventualité d’une partielle. Je dirais que les deux partis de l’opposition sont encore plus gênés aux entournures. L’on sait qu’une partielle, d’ailleurs n’importe laquelle, revêt une grande importance, une de nos spécificités, en particulier depuis 1970 lorsque la coalition PTr-PMSD avait subi une sévère défaite face au candidat MMM à Triolet, fief de SSR, entraînant une réforme constitutionnelle sur ce sujet en 73. Plus récemment, je citerais la partielle de 1999 enlevée par Xavier Duval à Beau-Bassin, fief du MMM, une victoire probablement à l’origine d’un certain excès de confiance des travaillistes par rapport aux législatives de 2000. En 2003, la partielle au N° 7 gagnée par le PTr dans le fief de SAJ avait créé la dynamique nécessaire, d’ailleurs bien négociée, pour l’Alliance sociale. Par conséquent, ni l’Alliance sociale ni les partis de l’opposition n’ont l’intention d’aborder la question d’une partielle au N° 8 à la légère.

Ce qui, à mon sens, mérite d’être souligné, c’est qu’une partielle au N°8, une circonscription ‘margin’ par excellence démontrée par les résultats serrés de 2005, a pour effet d’accentuer le processus de négociations d’alliances, avec vue bien évidemment sur les prochaines législatives. Le Premier ministre détient en grande partie la clef du dilemme. Les délais entourant la procédure liée à la tenue d’une partielle étant relativement longs – jusqu’à huit mois à compter de l’invalidation -- procurent au PM du temps pour voir émerger, pour réfléchir et trouver la bonne formule à la fois pour sa majorité et le pays. Dès lors que ni le MMM ni le MSM et ni objectivement l’Alliance sociale n’apparaissent comme débordants d’enthousiasme par rapport à une partielle dans ces conditions, je pense qu’il doit y avoir terrain d’entente notamment sur la question d’alliances. Si d’ici là une alliance PTr-MMM ou PTr-MSM est conclue, des élections générales anticipées pourraient avoir lieu fin 2009, faisant du même coup impasse sur une partielle devenue alors inutile. Cela résoudrait du même coup la question du prochain locataire de Réduit.

* Justement. On laisse entendre que SAJ n’est pas particulièrement chaud au renouvellement de son mandat de Président…

D.E.V. : D’abord, ce n’est pas certain qu’un renouvellement lui sera proposé sans contrepartie. La Présidence est une carte stratégique maîtresse à la disposition du Premier ministre. Là aussi, c’est lié aux négociations d’alliances et la Présidence fait partie du package que peut proposer le PM à un éventuel partenaire. Dans le cas de figure d’une alliance PTr-MMM, le nouveau Président sera mauve, et dans le cas d’une alliance PTr-MSM soit SAJ reste soit c’est une personnalité désignée par le MSM qui sera nommée. Le PM peut également utiliser cette carte dans le cas d’échec d’alliance pour peaufiner sa stratégie de rassemblement autour du PTr.

Cela dit, je précise que la réélection d’un nouveau président après l’expiration du présent mandat n’est contenue dans aucun délai. La constitution prévoit que le Président sortant reste en place jusqu’à l’installation d’un nouveau président et s’il ne souhaite pas rester, c’est le Vice-président qui assure l’intérim. Ce qui procure une grande marge de manœuvre. Et ensuite le PM a tout son temps.

* Jean Claude de l’Estrac nous disait récemment qu’en ce qui concerne le profil d’un prochain Président de la République, le choix devrait se porter sur un « Mauricien indépendant, expérimenté et crédible ». Il a sans doute raison, n’est-ce pas ?

D.E.V. : La désignation du Président, lorsque le PM a le choix, est toujours stratégique, électoralement ; cela s’entend -- soit dans le cadre d’une alliance partisane, soit dans le cadre d’un arrangement d’ordre ethnique, souvent les deux à la fois. La première Présidence était accordée au travailliste SVR par une majorité Bleu-Blanc-Rouge avec un chef de gouvernement MSM. Le militant Cassam Uteem était désigné par une alliance MSM-MMM dirigée par SAJ, reconduit par l’alliance PTr-MMM de 1995 avec un PM travailliste. SAJ avait accédé à la Présidence après un PMship relayé par Paul Bérenger dans le cadre de l’alliance MMM-MSM. Certes un CV d’expérience et de crédibilité est sous-jacent, mais c’est avant tout la considération politique et l’influence électorale de l’intéressé qui priment. En ce qui s’agit de la qualité d’indépendance, ce n’est absolument pas une vertu du point de vue d’un PM, compte tenu des pouvoirs, pas nombreux, certes, mais bien réels, du Président. Pour rappel, les timides signes d’indépendance de Cassam Uteem n’ont pas fait long feu. SAJ semble bien gérer l’affaire en grand politique qu’il est.

* Pour revenir à une éventuelle partielle au N° 8, vous affirmez donc que la question d’alliances visant les législatives, est bien présente dans les coulisses. Pourtant les trois principaux partis clament sur tous les toits leur volonté d’aller « seul » aux urnes, et se montrent confiants. Le dernier budget pousserait les travaillistes dans cette voie, le MMM par la voix de Vishnu Lutchmeenaraidoo est convaincu d’une victoire ‘seul’, Pravind Jugnauth a annoncé sa candidature depuis longtemps…

D.E.V. : Je crois que le PTr et le MMM ont très envie d’en découdre, d’utiliser cette partielle comme un test. Mais en même temps ils ont de quoi redouter les conséquences d’une défaite. Il y a donc bien entendu de la surenchère politique dans tout ça. Cela dit, si le PTr et le MMM ont des raisons de croire en une victoire avec leur rassemblement respectif sans avoir recours à une alliance, Pravind Jugnauth, quant à lui, doit être le premier à savoir qu’il n’a aucune chance dans une ‘three-cornered fight’, dans cette partielle, pas plus qu’aux prochaines législatives. Reste qu’il pourrait aller jusqu’au bout s’il y a échec d’alliance avec le MMM ou le PTr, pour faire valoir sa ‘nuisance value’. Mais ce serait une énorme erreur de sa part. Vu que le PTr est au pouvoir, ayant une expérience heureuse des partielles, celles de 1998, 1999, 2003, et que la configuration ethno-religieuse est telle que le PTr bénéficiera du ‘vote utile’, Pravind Jugnauth joue gros. Enfin, si d’ici là il maintient sa candidature...

* Mais si le MSM, en particulier son leader se dit avoir tout son temps devant lui en raison de son jeune âge, relativement parlant, et se montre inflexible sur la question de « prime ministership » vis-à-vis du MMM et donc disposé à faire une nouvelle traversée du désert de 2010 jusqu’à 2015 ?

D.E.V. : Effectivement le jeune âge, comme vous dites, de Pravind Jugnauth est un sérieux atout pour préparer dans le temps la conquête du pouvoir suprême. Nicolas Sarkozy avait commencé à y penser dès ses vingt ans et non seulement en se rasant comme il l’avoue. Pravind Jugnauth peut donc se permettre de donner du temps au temps quitte à traverser des déserts. En se montrant ferme sur ses conditions d’alliance avec le MMM et face à Paul Bérenger, il entend affirmer sa qualité de leader, à l’instar de son père en 1982-83. Sur ce point il a parfaitement raison et se met sur la bonne voie.

Reste le plus difficile, à savoir la conquête d’abord d’un électorat propre. Vu la force réelle du MSM, cela ne peut se faire qu’en direction du PTr ou du MMM. Sir Anerood Jugnauth avait à l’époque pu bénéficier de l’apport de l’électorat travailliste dont le parti était à la ramasse. Ce n’est plus pareil, même si c’est jouable, à mon sens, à long terme. Il a encore moins de chance du côté du MMM. Par conséquent, il doit revoir toute sa stratégie s’il veut que la traversée du désert ne devienne pas un parcours sans fin. S’aligner par exemple dans une ‘three-cornered fight’ dans une partielle aussi difficile pour lui qu’est le N° 8 n’est certainement pas la meilleure idée.

* A la partielle de 1997 à Flacq-Bon Accueil SAJ avait réussi à se hisser à la deuxième place dans une lutte à trois. A défaut d’être élu Pravind Jugnauth pourrait faire le jeu du MMM, n’est-ce pas ?

D.E.V. : Il faut savoir que la composition ethno-religieuse du N° 9 n’a rien à voir avec celle du N° 8. L’électorat ‘hindi’ est très largement majoritaire au N° 9 avec près de 70%, si bien qu’à la partielle de 1997 sir Anerood a pu réaliser un bon score. Et puis SAJ, c’était SAJ. Lorsque c’est serré comme au N° 8 où cet électorat représente un peu moins de 50%, lorsque les clivages interethniques sont plus marqués, le « vote utile » de l’électorat dit ‘majorité’ ira en grande partie au candidat au profil et carrure adéquats, perçu comme le mieux placé pour battre le candidat MMM. D’autant que ce candidat bénéficiera de la prime gouvernementale. Envisagé sous cet angle, le PTr part avec une longueur d’avance mais je n’y mettrais pas pour autant ma main au feu.

* La réussite gouvernementale sur le plan économique, la « bumper crop », le PRB, etc., ne sont-ils pas de nature à faire pencher nettement la balance du côté du candidat gouvernemental ?

D.E.V. : Le facteur économique est évidemment important mais pas suffisant. Le succès économique favorise le gouvernement travailliste dans la mesure où, pour reprendre les préceptes du marketing politique, le segment critique composé d’électeurs fragiles ou potentiels hors ‘noyau dur’ de l’électorat ‘hindi’ va se ranger très nettement dans le camp travailliste au détriment du MSM, si ce dernier n’est pas associé au PTr. Malgré cela on ne peut dire que cela suffit. Dans une circonscription ‘margin’ le réflexe ethno-religieux prédomine au moment du vote. Ce n’est pas du tout certain que les segments critiques des autres minorités vont considérer le paramètre économique au moment du vote. Je vous renvoie à 1995 lorsque le bon bilan de SAJ ne lui a pas évité pour autant une défaite cinglante. Aussi, l’électorat musulman -- 15% --, dont le glissement vers le PTr constaté en 2005 et qui, par définition, est fragile, sera particulièrement sollicité. De même le vote télégou -- 5% -- avec l’entrée en scène de Vishnu Lutchmeenaraidoo, et le vote marathi -- 4% -- sont à suivre, sans compter les abstentionnistes qui peuvent également faire la différence. Donc, une partielle au N° 8, si elle a lieu ne sera pas une promenade de santé ni pour le PTr ni pour le MMM quand bien même ce dernier espère une lutte à trois.

* Est-ce qu’une défaite du candidat travailliste dans l’éventualité d’une partielle, c-à-d en dehors de tout arrangement électoral avec un des deux autres partis en lice comme c’est le cas actuellement signifierait nécessairement une défaite lors des prochaines législatives ?

D.E.V. : Absolument pas. Pour aborder votre question sur les conséquences d’une défaite hypothétique du candidat travailliste, il convient d’avancer deux autres hypothèses.

1. L’Alliance sociale face à une alliance MMM-MSM constituée pour la circonstance. Vu l’état des relations entre Pravind Jugnauth et Paul Bérenger, les couteaux tirés et les coups bas entre eux et entre les deux partis, une éventuelle victoire sera difficile à gérer. La bataille sur la paternité de cette victoire, la question du partage du PMship et de la distribution des tickets notamment dans les circonscriptions urbaines, etc., etc., vont pourrir la situation et briser toute dynamique, menacée par ailleurs avec le temps relativement long avant les législatives. J’ajoute qu’une des causes de la réussite de l’alliance MMM-MSM en 2000 était justement l’accord de dernière minute. De surcroît, si le MSM cède devant le MMM, ce qui sera forcément le cas, il perdra toute crédibilité, ce qui fera l’affaire de l’Alliance sociale ; d’autant que cette dernière aura tout son temps d’ici les prochaines législatives pour se préparer et éviter la répétition de 2000.

2. Une lutte à trois. Dans ce cas de figure la véritable défaite irait au MSM qui dès lors aurait tout perdu.

J’ajoute quand même que la performance et le sérieux de ce gouvernement, sous le leadership d’un Navin Ramgoolam autrement plus crédible et bien rôdé en matière stratégique, ne sont pas quantités négligeables.

* Supposons que les travaillistes obtiennent la victoire dans cette partielle, cela même dans une lutte à trois, est-ce que cela va créer la dynamique électorale nécessaire pour leur victoire lors des prochaines élections générales ?

D.E.V. : Cela va dépendre de la manière d’interpréter cette victoire et de la gérer. En 1999 le candidat gouvernemental, en l’occurrence, Xavier Duval avait battu la Fédération MMM-MSM dans le bastion mauve de Beau-Bassin. Malgré tout cela ne s’est pas traduit par une victoire aux législatives de 2000. Le risque, c’est l’euphorie aveuglante, et une extrapolation démesurée. Mais je crois que le traumatisme de 2000 est tel que la leçon est bien retenue…

* On dit qu’une victoire travailliste ou MMM, donc défaite du candidat MSM, va pousser ce dernier parti dans les bras soit du PTr soit du MMM. Et c’est donc cette dernière alliance qui va remporter les prochaines législatives, « bumper crop » ou pas. Et le MMM et le PTr ont intérêt à ce que le candidat MSM soit battu lors de cette partielle, n’est-ce pas ?

D.E.V. : Dans une lutte à trois, c’est ce qui arrivera. Il n’y en a aucun doute. Sauf qu’il y aura un deuxième perdant, et là, ça devient plus compliqué pour le MMM ou le PTr. Dès lors qu’on ne peut pas prédire avec certitude l’issue de cette élection et l’identité du deuxième perdant, il y plus de chances que les négociations se déroulent avant la défaite du MSM souhaitée par le MMM et le PTr. C’est une situation cocasse dans laquelle les deux grands partis clament qu’ils n’ont pas besoin du MSM et hop ! à la dernière minute l’un des deux grands partis conclut un accord avec le même MSM. C’est ce qui s’est passé en 2000 au grand désarroi du PTr. Donc il règne la grande méfiance. On pourrait imaginer un autre scénario dans lequel le problème MSM serait résolu, à savoir une alliance PTr-MMM et dans ce cas de figure une partielle ne servirait à rien, et on irait directement aux législatives dans un an.

* On parle beaucoup d’alliances, certes, palpitantes mais on entend très peu la question « Pour quoi faire ? » alors que des gros orages s’annoncent. Quelle serait, selon vous, la meilleure option et, pour reprendre la formule célèbre, « dans l’intérêt supérieur du pays » ?

D.E.V. : Votre interrogation est tout à fait pertinente. Et là, permettez-moi de vous répondre plutôt en qualité de citoyen. Et je ne vais pas ‘beat about the bush’. Indéniablement beaucoup a été fait et continue à être fait notamment en matière économique et sociale. Mais il reste encore beaucoup à faire, d’autres récoltes à préparer. Le prochain gouvernement aura besoin du soutien d’une majorité claire. Pour faire face d’abord aux énormes menaces qui nous guettent sur le plan économique. L’on sait que l’économie mondiale est au bord de la récession. En particulier les Etats-Unis et l’Europe. Le Danemark est déjà touché. Idem pour l’Irlande, le « Tigre celtique », longtemps enviée pour ses taux de croissance insolents. Pour aborder la dure réalité qu’est le double-choc « food and oil ». Pour poursuivre la démocratisation économique sereinement. Pour construire une ile Maurice durable. Pour réduire l’influence des lobbies. Pour dire « ça suffit » à des groupuscules qui prennent la loi entre leurs mains, comme l’a fait fermement le PM. Pour dire « non » sans ambages aux propositions inacceptables de tel ou tel mouvement ethno-religieux comme un quota à l’embauche dans la fonction publique. Pour exploiter notre formidable gisement de compétences en faisant fi des considérations d’un autre temps. Pour réformer ce pays en profondeur. J’arrête ici, la liste de ce qu’il faut faire rapidement, étant bien trop longue. L’idéal serait un nouveau mandat pour l’actuel gouvernement dont la bonne performance globalement est indéniable. Mais, ce n’est pas du tout certain que l’Alliance sociale, dans une configuration semblable à 2005, dégagera cette majorité claire nécessaire pour les grands chantiers que j’ai énumérés.

Une alliance MMM-MSM pour diriger le pays est à écarter. D’abord elle ne pourra rééditer la performance de 2000. Je suis prêt à tous les paris. Si elle reprend le pouvoir ce sera certainement avec une majorité étriquée. Lorsque l’on sait que forcément un accord à l’israélienne fera partie du deal dans des conditions telles que l’un des deux PM, en l’occurrence Pravind Jugnauth, sera en situation probablement largement minoritaire on devine aisément la pagaille que ça va générer. De toute évidence le pays sera ingouvernable. J’ai des frissons dans le dos, rien qu’en y pensant.

Reste les deux autres alliances qui me semblent les plus intéressantes pour le pays : PTr-MSM, PTr-MMM. Allez, je me jette à l’eau. Si on mesure tout ce qu’il y a à faire et si on veut donner un sens à l’expression « pour l’intérêt supérieur du pays », ça coule de source qu’une alliance PTr-MMM donc d’unité nationale et élargie à des compétences reconnues telles que Xavier Duval, Rama Valayden et même certains au MSM apparaît comme la plus avantageuse pour le pays. En tout cas, sur cette question d’alliance, si ce n’est pas déjà réglé, le débat mérite d’être ouvert. Un débat dont le cœur doit être l’intérêt du pays plutôt que l’aspect purement électoraliste.


« Si on mesure tout ce qu’il y à faire et si on veut donner un sens à l’expression « pour l’intérêt supérieur du pays », ça coule de source qu’une alliance PTr-MMM donc d’unité nationale et élargie à des compétences reconnues telles que Xavier Duval, Rama Valayden et même certains au MSM apparaît comme la plus avantageuse pour le pays. En tout cas, sur cette question d’alliance, si ce n’est pas déjà réglé, le débat mérite d’être ouvert… »


« Vu l’état des relations entre Pravind Jugnauth et Paul Bérenger, les couteaux tirés et les coups bas entre eux et entre les deux partis, une éventuelle victoire sera difficile à gérer. La bataille sur la paternité de cette victoire, la question du partage du PMship et de la distribution des tickets notamment dans les circonscriptions urbaines, etc., etc., vont pourrir la situation et briser toute dynamique, menacée par ailleurs avec le temps relativement long avant les législatives… »


« Une alliance MMM-MSM pour diriger le pays est à écarter. D’abord elle ne pourra rééditer la performance de 2000. Je suis prêt à tous les paris. Si elle reprend le pouvoir ce sera certainement avec une majorité étriquée. Lorsque l’on sait que forcément un accord à l’israélienne fera partie du deal dans des conditions telles que l’un des deux PM, en l’occurrence Pravind Jugnauth, sera en situation probablement largement minoritaire on devine aisément la pagaille que ça va générer… »


« l’électorat musulman -- 15% --, dont le glissement vers le PTr constaté en 2005 et qui par définition est fragile, sera particulièrement sollicité. De même le vote télégou -- 5% -- avec l’entrée en scène de Vishnu Lutchmeenaraidoo, et le vote marathi -- 4% -- sont à suivre, sans compter les abstentionnistes qui peuvent également faire la différence. Donc, une partielle au N° 8, si elle a lieu ne sera pas une promenade de santé ni pour le PTr ni pour le MMM quand bien même ce dernier espère une lutte à trois… »


«le jeune âge de Pravind Jugnauth est un sérieux atout pour préparer dans le temps la conquête du pouvoir suprême. Nicolas Sarkozy avait commencé à y penser dès ses vingt ans et non seulement en se rasant comme il l’avoue. Pravind Jugnauth peut donc se permettre de donner du temps au temps quitte à traverser des déserts. En se montrant ferme sur ses conditions d’alliance avec le MMM et face à Paul Bérenger, il entend affirmer sa qualité de leader, à l’instar de son père en 1982-83. Sur ce point il a parfaitement raison … »


« Le PTr et le MMM ont très envie d’en découdre, d’utiliser cette partielle comme un test. Mais en même temps ils ont de quoi redouter les conséquences d’une défaite. Il y a donc, bien entendu, de la surenchère politique dans tout ça. Cela dit, si le PTr et le MMM ont des raisons de croire en une victoire avec leur rassemblement respectif sans avoir recours à une alliance, Pravind Jugnauth, quant à lui, doit être le premier à savoir qu’il n’a aucune chance dans une ‘three-cornered fight’, dans cette partielle, pas plus qu’aux prochaines législatives… »



« La Présidence est une carte stratégique maîtresse à la disposition du Premier ministre. Là auss,i c’est lié aux négociations d’alliances et la Présidence fait partie du package que peut proposer le PM à un éventuel partenaire. Dans le cas de figure d’une alliance PTr-MMM, le nouveau Président sera mauve, et dans le cas d’une alliance PTr-MSM soit SAJ reste soit c’est une personnalité désignée par le MSM qui sera nommée. Le PM peut également utiliser cette carte dans le cas d’échec d’alliance pour peaufiner sa stratégie de rassemblement autour du PTr… »

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