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Partielle
et Présidence : Dilemme ou clarification sur les
alliances?
«
Partielle : Ce ne sera pas une partie de promenade de
santé ni pour le PTr ni pour le MMM… »
*
Alliance MMM-MSM : « On peut deviner aisément la
pagaille que ça va générer »
* « Pravind
Jugnauth peut se permettre de donner du temps au temps
quitte à traverser des déserts »
*
« La présidence est une carte stratégique maîtresse
du PM… qui a tout son temps… »
L’invalidation
de l’élection d’Ashock Jugnauth, si elle est confirmée
par le Privy Council de même que l’expiration du mandat
présidentiel de SAJ vont marquer de manière certaine cette
année cruciale sur le plan politique. D.E.V., notre
consultant politique, spécialiste des comportements électoraux,
auteur, entre autres, de l’analyse accompagnée de prévisions
portant sur les législatives de 2005 (MT, 24 juin
05), très proches des résultats des urnes, jette un
éclairage sur ces deux événements majeurs avec comme
toile fond la question d’alliances électorales…
Mauritius
Times : Si le Privy Council confirmait l’invalidation
de l’élection d’Ashock Jugnauth, donc la victoire du
camp travailliste, cela pourrait déboucher paradoxalement
sur une situation difficile pour le gouvernement. Comment,
selon vous, compterait-il s’en sortir ?
D.E.V. :
Il n’y a pas que l’Alliance sociale qui se prépare à
l’éventualité d’une partielle. Je dirais que les deux
partis de l’opposition sont encore plus gênés aux
entournures. L’on sait qu’une partielle, d’ailleurs
n’importe laquelle, revêt une grande importance, une de
nos spécificités, en particulier depuis 1970 lorsque la
coalition PTr-PMSD avait subi une sévère défaite face au
candidat MMM à Triolet, fief de SSR, entraînant une réforme
constitutionnelle sur ce sujet en 73. Plus récemment, je
citerais la partielle de 1999 enlevée par Xavier Duval à
Beau-Bassin, fief du MMM, une victoire probablement à
l’origine d’un certain excès de confiance des
travaillistes par rapport aux législatives de 2000. En
2003, la partielle au N° 7 gagnée par le PTr dans le fief
de SAJ avait créé la dynamique nécessaire, d’ailleurs
bien négociée, pour l’Alliance sociale. Par conséquent,
ni l’Alliance sociale ni les partis de l’opposition
n’ont l’intention d’aborder la question d’une
partielle au N° 8 à la légère.
Ce
qui, à mon sens, mérite d’être souligné, c’est
qu’une partielle au N°8, une circonscription ‘margin’
par excellence démontrée par les résultats serrés de
2005, a pour effet d’accentuer le processus de négociations
d’alliances, avec vue bien évidemment sur les prochaines
législatives. Le Premier ministre détient en grande partie
la clef du dilemme. Les délais entourant la procédure liée
à la tenue d’une partielle étant relativement longs –
jusqu’à huit mois à compter de l’invalidation --
procurent au PM du temps pour voir émerger, pour réfléchir
et trouver la bonne formule à la fois pour sa majorité et
le pays. Dès lors que ni le MMM ni le MSM et ni
objectivement l’Alliance sociale n’apparaissent comme débordants
d’enthousiasme par rapport à une partielle dans ces
conditions, je pense qu’il doit y avoir terrain
d’entente notamment sur la question d’alliances. Si
d’ici là une alliance PTr-MMM ou PTr-MSM est conclue, des
élections générales anticipées pourraient avoir lieu fin
2009, faisant du même coup impasse sur une partielle
devenue alors inutile. Cela résoudrait du même coup la
question du prochain locataire de Réduit.
*
Justement. On laisse entendre que SAJ n’est pas particulièrement
chaud au renouvellement de son mandat de Président…
D.E.V. :
D’abord, ce n’est pas certain qu’un renouvellement lui
sera proposé sans contrepartie. La Présidence est une
carte stratégique maîtresse à la disposition du Premier
ministre. Là aussi, c’est lié aux négociations
d’alliances et la Présidence fait partie du package que
peut proposer le PM à un éventuel partenaire. Dans le cas
de figure d’une alliance PTr-MMM, le nouveau Président
sera mauve, et dans le cas d’une alliance PTr-MSM soit SAJ
reste soit c’est une personnalité désignée par le MSM
qui sera nommée. Le PM peut également utiliser cette carte
dans le cas d’échec d’alliance pour peaufiner sa stratégie
de rassemblement autour du PTr.
Cela
dit, je précise que la réélection d’un nouveau président
après l’expiration du présent mandat n’est contenue
dans aucun délai. La constitution
prévoit que le Président sortant reste en place jusqu’à
l’installation d’un nouveau président et s’il ne
souhaite pas rester, c’est le Vice-président
qui assure l’intérim. Ce qui procure une grande marge de
manœuvre. Et ensuite le PM a tout son temps.
*
Jean Claude de l’Estrac nous disait récemment qu’en ce
qui concerne le profil d’un prochain Président de la République,
le choix devrait se porter sur un « Mauricien indépendant,
expérimenté et crédible ». Il a sans doute raison,
n’est-ce pas ?
D.E.V. :
La désignation du Président, lorsque le PM a le choix, est
toujours stratégique, électoralement ; cela
s’entend -- soit dans le cadre d’une alliance partisane,
soit dans le cadre d’un arrangement d’ordre ethnique,
souvent les deux à la fois. La première Présidence était
accordée au travailliste SVR par une majorité
Bleu-Blanc-Rouge avec un chef de gouvernement MSM. Le
militant Cassam Uteem était désigné par une alliance
MSM-MMM dirigée par SAJ, reconduit par l’alliance PTr-MMM
de 1995 avec un PM travailliste. SAJ avait accédé à la Présidence
après un PMship relayé par Paul Bérenger dans le cadre de
l’alliance MMM-MSM. Certes un CV d’expérience et de crédibilité
est sous-jacent, mais c’est avant tout la considération
politique et l’influence électorale de l’intéressé
qui priment. En ce qui s’agit de la qualité d’indépendance,
ce n’est absolument pas une vertu du point de vue d’un
PM, compte tenu des pouvoirs, pas nombreux, certes, mais
bien réels, du Président. Pour rappel, les timides signes
d’indépendance de Cassam Uteem n’ont pas fait long feu.
SAJ semble bien gérer l’affaire en grand politique
qu’il est.
*
Pour revenir à une éventuelle partielle au N° 8, vous
affirmez donc que la question d’alliances visant les législatives,
est bien présente dans les coulisses. Pourtant les trois
principaux partis clament sur tous les toits leur volonté
d’aller « seul » aux urnes, et se montrent
confiants. Le dernier budget pousserait les travaillistes
dans cette voie, le MMM par la voix de Vishnu
Lutchmeenaraidoo est convaincu d’une victoire ‘seul’,
Pravind Jugnauth a annoncé sa candidature depuis longtemps…
D.E.V. :
Je crois que le PTr et le MMM ont très envie d’en découdre,
d’utiliser cette partielle comme un test. Mais en même
temps ils ont de quoi redouter les conséquences d’une défaite.
Il y a donc bien entendu de la surenchère politique dans
tout ça. Cela dit, si le PTr et le MMM ont des raisons de
croire en une victoire avec leur rassemblement respectif
sans avoir recours à une alliance, Pravind Jugnauth, quant
à lui, doit être le premier à savoir qu’il n’a aucune
chance dans une ‘three-cornered fight’, dans cette
partielle, pas plus qu’aux prochaines législatives. Reste
qu’il pourrait aller jusqu’au bout s’il y a échec
d’alliance avec le MMM ou le PTr, pour faire valoir sa
‘nuisance value’. Mais ce serait une énorme erreur de
sa part. Vu que le PTr est au pouvoir, ayant une expérience
heureuse des partielles, celles de 1998, 1999, 2003, et que
la configuration ethno-religieuse est telle que le PTr bénéficiera
du ‘vote utile’, Pravind Jugnauth joue gros. Enfin, si
d’ici là il maintient sa candidature...
*
Mais si le MSM, en particulier son leader se dit avoir tout
son temps devant lui en raison de son jeune âge,
relativement parlant, et se montre inflexible sur la
question de « prime ministership » vis-à-vis du
MMM et donc disposé à faire une nouvelle traversée du désert
de 2010 jusqu’à 2015 ?
D.E.V. :
Effectivement le jeune âge, comme vous dites, de Pravind
Jugnauth est un sérieux atout pour préparer dans le temps
la conquête du pouvoir suprême. Nicolas Sarkozy avait
commencé à y penser dès ses vingt ans et non seulement en
se rasant comme il l’avoue. Pravind Jugnauth peut donc se
permettre de donner du temps au temps quitte à traverser
des déserts. En se montrant ferme sur ses conditions
d’alliance avec le MMM et face à Paul Bérenger, il
entend affirmer sa qualité de leader, à l’instar de son
père en 1982-83. Sur ce point il a parfaitement raison et
se met sur la bonne voie.
Reste
le plus difficile, à savoir la conquête d’abord d’un
électorat propre. Vu la force réelle du MSM, cela ne peut
se faire qu’en direction du PTr ou du MMM. Sir Anerood
Jugnauth avait à l’époque pu bénéficier de l’apport
de l’électorat travailliste dont le parti était à la
ramasse. Ce n’est plus pareil, même si c’est jouable,
à mon sens, à long terme. Il a encore moins de chance du côté
du MMM. Par conséquent, il doit revoir toute sa stratégie
s’il veut que la traversée du désert ne devienne pas un
parcours sans fin. S’aligner par exemple dans une
‘three-cornered fight’ dans une partielle aussi
difficile pour lui qu’est le N° 8 n’est certainement
pas la meilleure idée.
*
A la partielle de 1997 à Flacq-Bon Accueil SAJ avait réussi
à se hisser à la deuxième place dans une lutte à trois.
A défaut d’être élu Pravind Jugnauth pourrait faire le
jeu du MMM, n’est-ce pas ?
D.E.V. :
Il faut savoir que la composition ethno-religieuse du N° 9
n’a rien à voir avec celle du N° 8. L’électorat ‘hindi’
est très largement majoritaire au N° 9 avec près de 70%,
si bien qu’à la partielle de 1997 sir Anerood a pu réaliser
un bon score. Et puis SAJ, c’était SAJ. Lorsque c’est
serré comme au N° 8 où cet électorat représente un peu
moins de 50%, lorsque les clivages interethniques sont plus
marqués, le « vote utile » de l’électorat
dit ‘majorité’ ira en grande partie au candidat au
profil et carrure adéquats, perçu comme le mieux placé
pour battre le candidat MMM. D’autant que ce candidat bénéficiera
de la prime gouvernementale. Envisagé sous cet angle, le
PTr part avec une longueur d’avance mais je n’y mettrais
pas pour autant ma main au feu.
*
La réussite gouvernementale sur le plan économique, la « bumper
crop », le PRB, etc., ne sont-ils pas de nature à
faire pencher nettement la balance du côté du candidat
gouvernemental ?
D.E.V. :
Le facteur économique est évidemment important mais pas
suffisant. Le succès économique favorise le gouvernement
travailliste dans la mesure où, pour reprendre les préceptes
du marketing politique, le segment critique composé d’électeurs
fragiles ou potentiels hors ‘noyau dur’ de l’électorat
‘hindi’ va se ranger très nettement dans le camp
travailliste au détriment du MSM, si ce dernier n’est pas
associé au PTr. Malgré cela on ne peut dire que cela
suffit. Dans une circonscription ‘margin’ le réflexe
ethno-religieux prédomine au moment du vote. Ce n’est pas
du tout certain que les segments critiques des autres
minorités vont considérer le paramètre économique au
moment du vote. Je vous renvoie à 1995 lorsque le bon bilan
de SAJ ne lui a pas évité pour autant une défaite
cinglante. Aussi, l’électorat musulman -- 15% --, dont le
glissement vers le PTr constaté en 2005 et qui, par définition,
est fragile, sera particulièrement sollicité. De même le
vote télégou -- 5% -- avec l’entrée en scène de Vishnu
Lutchmeenaraidoo, et le vote marathi -- 4% -- sont à suivre,
sans compter les abstentionnistes qui peuvent également
faire la différence. Donc, une partielle au N° 8, si elle
a lieu ne sera pas une promenade de santé ni pour le PTr ni
pour le MMM quand bien même ce dernier espère une lutte à
trois.
*
Est-ce qu’une défaite du candidat travailliste dans l’éventualité
d’une partielle, c-à-d en dehors de tout arrangement électoral
avec un des deux autres partis en lice comme c’est le cas
actuellement signifierait nécessairement une défaite lors
des prochaines législatives ?
D.E.V. :
Absolument pas. Pour aborder votre question sur les conséquences
d’une défaite hypothétique du candidat travailliste, il
convient d’avancer deux autres hypothèses.
1.
L’Alliance sociale face à une alliance MMM-MSM constituée
pour la circonstance. Vu l’état des relations
entre Pravind Jugnauth et Paul Bérenger, les couteaux tirés
et les coups bas entre eux et entre les deux partis, une éventuelle
victoire sera difficile à gérer. La bataille sur la
paternité de cette victoire, la question du partage du
PMship et de la distribution des tickets notamment dans les
circonscriptions urbaines, etc., etc., vont pourrir la
situation et briser toute dynamique, menacée par ailleurs
avec le temps relativement long avant les législatives.
J’ajoute qu’une des causes de la réussite de
l’alliance MMM-MSM en 2000 était justement l’accord de
dernière minute. De surcroît, si le MSM cède devant le
MMM, ce qui sera forcément le cas, il perdra toute crédibilité,
ce qui fera l’affaire de l’Alliance sociale ;
d’autant que cette dernière aura tout son temps d’ici
les prochaines législatives pour se préparer et éviter la
répétition de 2000.
2.
Une lutte à trois. Dans ce cas de figure la véritable
défaite irait au MSM qui dès lors aurait tout perdu.
J’ajoute
quand même que la performance et le sérieux de ce
gouvernement, sous le leadership d’un Navin Ramgoolam
autrement plus crédible et bien rôdé en matière stratégique,
ne sont pas quantités négligeables.
*
Supposons que les travaillistes obtiennent la victoire dans
cette partielle, cela même dans une lutte à trois, est-ce
que cela va créer la dynamique électorale nécessaire pour
leur victoire lors des prochaines élections générales ?
D.E.V. :
Cela va dépendre de la manière d’interpréter cette
victoire et de la gérer. En 1999 le candidat gouvernemental,
en l’occurrence, Xavier Duval avait battu la Fédération
MMM-MSM dans le bastion mauve de Beau-Bassin. Malgré tout
cela ne s’est pas traduit par une victoire aux législatives
de 2000. Le risque, c’est l’euphorie aveuglante, et une
extrapolation démesurée. Mais je crois que le traumatisme
de 2000 est tel que la leçon est bien retenue…
*
On dit qu’une victoire travailliste ou MMM, donc défaite
du candidat MSM, va pousser ce dernier parti dans les bras
soit du PTr soit du MMM. Et c’est donc cette dernière
alliance qui va remporter les prochaines législatives,
« bumper crop » ou pas. Et le MMM et le PTr ont
intérêt à ce que le candidat MSM soit battu lors de cette
partielle, n’est-ce pas ?
D.E.V. :
Dans une lutte à trois, c’est ce qui arrivera. Il n’y
en a aucun doute. Sauf qu’il y aura un deuxième perdant,
et là, ça devient plus compliqué pour le MMM ou le PTr. Dès
lors qu’on ne peut pas prédire avec certitude l’issue
de cette élection et l’identité du deuxième perdant, il
y plus de chances que les négociations se déroulent avant
la défaite du MSM souhaitée par le MMM et le PTr. C’est
une situation cocasse dans laquelle les deux grands partis
clament qu’ils n’ont pas besoin du MSM et hop ! à
la dernière minute l’un des deux grands partis conclut un
accord avec le même MSM. C’est ce qui s’est passé en
2000 au grand désarroi du PTr. Donc il règne la grande méfiance.
On pourrait imaginer un autre scénario dans lequel le
problème MSM serait résolu, à savoir une alliance PTr-MMM
et dans ce cas de figure une partielle ne servirait à rien,
et on irait directement aux législatives dans un an.
*
On parle beaucoup d’alliances, certes, palpitantes mais on
entend très peu la question « Pour quoi faire ? »
alors que des gros orages s’annoncent. Quelle serait,
selon vous, la meilleure option et, pour reprendre la
formule célèbre, « dans l’intérêt supérieur du
pays » ?
D.E.V. :
Votre interrogation est tout à fait pertinente. Et là,
permettez-moi de vous répondre plutôt en qualité de
citoyen. Et je ne vais pas ‘beat about the bush’. Indéniablement
beaucoup a été fait et continue à être fait notamment en
matière économique et sociale. Mais il reste encore
beaucoup à faire, d’autres récoltes à préparer. Le
prochain gouvernement aura besoin du soutien d’une majorité
claire. Pour faire face d’abord aux énormes menaces qui
nous guettent sur le plan économique. L’on sait que l’économie
mondiale est au bord de la récession. En particulier les
Etats-Unis et l’Europe. Le Danemark est déjà touché.
Idem pour l’Irlande, le « Tigre celtique »,
longtemps enviée pour ses taux de croissance insolents.
Pour aborder la dure réalité qu’est le double-choc
« food and oil ». Pour poursuivre la démocratisation
économique sereinement. Pour construire une ile
Maurice durable. Pour réduire l’influence des lobbies.
Pour dire « ça suffit » à des groupuscules qui
prennent la loi entre leurs mains, comme l’a fait
fermement le PM. Pour dire « non » sans ambages
aux propositions inacceptables de tel ou tel mouvement
ethno-religieux comme un quota à l’embauche dans la
fonction publique. Pour exploiter notre formidable gisement
de compétences en faisant fi des considérations d’un
autre temps. Pour réformer ce pays en profondeur. J’arrête
ici, la liste de ce qu’il faut faire rapidement, étant
bien trop longue. L’idéal serait un nouveau mandat pour
l’actuel gouvernement dont la bonne performance
globalement est indéniable. Mais, ce n’est pas du tout
certain que l’Alliance sociale, dans une configuration
semblable à 2005, dégagera cette majorité claire nécessaire
pour les grands chantiers que j’ai énumérés.
Une
alliance MMM-MSM pour diriger le pays est à écarter.
D’abord elle ne pourra rééditer la performance de 2000.
Je suis prêt à tous les paris. Si elle reprend le pouvoir
ce sera certainement avec une majorité étriquée. Lorsque
l’on sait que forcément un accord à l’israélienne
fera partie du deal dans des conditions telles que l’un
des deux PM, en l’occurrence Pravind Jugnauth, sera en
situation probablement largement minoritaire on devine aisément
la pagaille que ça va générer. De toute évidence le pays
sera ingouvernable. J’ai des frissons dans le dos, rien
qu’en y pensant.
Reste
les deux autres alliances qui me semblent les plus intéressantes
pour le pays : PTr-MSM, PTr-MMM. Allez, je me jette à
l’eau. Si on mesure tout ce qu’il y a à faire et si on
veut donner un sens à l’expression « pour l’intérêt
supérieur du pays », ça coule de source qu’une
alliance PTr-MMM donc d’unité nationale et élargie à
des compétences reconnues telles que Xavier Duval, Rama
Valayden et même certains au MSM apparaît comme la plus
avantageuse pour le pays. En tout cas, sur cette question
d’alliance, si ce n’est pas déjà réglé, le débat mérite
d’être ouvert. Un débat dont le cœur doit être l’intérêt
du pays plutôt que l’aspect purement électoraliste.
« Si
on mesure tout ce qu’il y à faire et si on veut donner un
sens à l’expression « pour l’intérêt supérieur
du pays », ça coule de source qu’une alliance
PTr-MMM donc d’unité nationale et élargie à des compétences
reconnues telles que Xavier Duval, Rama Valayden et même
certains au MSM apparaît comme la plus avantageuse pour le
pays. En tout cas, sur cette question d’alliance, si ce
n’est pas déjà réglé, le débat mérite d’être
ouvert… »
« Vu
l’état des relations entre Pravind Jugnauth et Paul Bérenger,
les couteaux tirés et les coups bas entre eux et entre les
deux partis, une éventuelle victoire sera difficile à gérer.
La bataille sur la paternité de cette victoire, la question
du partage du PMship et de la distribution des tickets
notamment dans les circonscriptions urbaines, etc., etc.,
vont pourrir la situation et briser toute dynamique, menacée
par ailleurs avec le temps relativement long avant les législatives… »
« Une
alliance MMM-MSM pour diriger le pays est à écarter.
D’abord elle ne pourra rééditer la performance de 2000.
Je suis prêt à tous les paris. Si elle reprend le pouvoir
ce sera certainement avec une majorité étriquée. Lorsque
l’on sait que forcément un accord à l’israélienne
fera partie du deal dans des conditions telles que l’un
des deux PM, en l’occurrence Pravind Jugnauth, sera en
situation probablement largement minoritaire on devine aisément
la pagaille que ça va générer… »
« l’électorat musulman -- 15% --, dont le glissement vers le
PTr constaté en 2005 et qui par définition est fragile,
sera particulièrement sollicité. De même le vote télégou
-- 5% -- avec l’entrée en scène de Vishnu
Lutchmeenaraidoo, et le vote marathi -- 4% -- sont à suivre,
sans compter les abstentionnistes qui peuvent également
faire la différence. Donc, une partielle au N° 8, si elle
a lieu ne sera pas une promenade de santé ni pour le PTr ni
pour le MMM quand bien même ce dernier espère une lutte à
trois… »
«le
jeune âge de Pravind Jugnauth est un sérieux atout pour préparer
dans le temps la conquête du pouvoir suprême. Nicolas
Sarkozy avait commencé à y penser dès ses vingt ans et
non seulement en se rasant comme il l’avoue. Pravind
Jugnauth peut donc se permettre de donner du temps au temps
quitte à traverser des déserts. En se montrant ferme sur
ses conditions d’alliance avec le MMM et face à Paul Bérenger,
il entend affirmer sa qualité de leader, à l’instar de
son père en 1982-83. Sur ce point il a parfaitement raison … »
« Le
PTr et le MMM ont très envie d’en découdre, d’utiliser
cette partielle comme un test. Mais en même temps ils ont
de quoi redouter les conséquences d’une défaite. Il y a
donc, bien entendu, de la surenchère politique dans tout ça.
Cela dit, si le PTr et le MMM ont des raisons de croire en
une victoire avec leur rassemblement respectif sans avoir
recours à une alliance, Pravind Jugnauth, quant à lui,
doit être le premier à savoir qu’il n’a aucune chance
dans une ‘three-cornered fight’, dans cette partielle,
pas plus qu’aux prochaines législatives… »
« La Présidence est une carte stratégique maîtresse
à la disposition du Premier ministre. Là auss,i c’est lié
aux négociations d’alliances et la Présidence fait
partie du package que peut proposer le PM à un éventuel
partenaire. Dans le cas de figure d’une alliance PTr-MMM,
le nouveau Président sera mauve, et dans le cas d’une
alliance PTr-MSM soit SAJ reste soit c’est une personnalité
désignée par le MSM qui sera nommée. Le PM peut également
utiliser cette carte dans le cas d’échec d’alliance
pour peaufiner sa stratégie de rassemblement autour du PTr… »
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