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Joseph Tsang Mang Kin PDF Print E-mail
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De quoi la politique mauricienne est-elle malade ?

-- Joseph Tsang Mang Kin

Il existe une étrange mentalité à Maurice. Les politiciens pensent -- et le bon peuple semble être d’accord -- que le pays leur appartient et leur donne des droits, d’héritage ou de pillage. Une fois au pouvoir, ils ne se gênent nullement pour utiliser, sinon gaspiller les biens et services de l’Etat, c'est-à-dire les deniers des consommateurs, dans des projets visant surtout à acheter des votes.

Les Mauriciens qui voient tout cela se sentent impuissants. Ils acceptent la situation politique comme une fatalité, une maladie incurable. Certains deviennent cyniques et rallient les grands malins qui savent si bien profiter de la situation. Les jeunes universitaires disent ne pas se reconnaître dans les mouvements ou partis politiques traditionnels et trouvent la politique malpropre. Ils ne veulent pas se salir.

Les groupements politiques n’intéressent plus les premiers concernés. Le peuple mauricien, à plus de 40 pour cent leur tourne le dos, comme nous le révèlent les sondages, quoique bidon soit-il. Les électeurs gavés de scandales politico financiers en ont marre et les mettent tous dans la même poubelle. Les étudiants universitaires qui devraient afficher dès maintenant leurs disponibilités en tant que futurs leaders du pays, refusent les groupements qui tiennent les devants de la scène.

Est-ce un hasard ? Qu’est-ce qui ne va pas avec les partis politiques ? Sont-ils la voix du peuple ? Sont-ils une équipe animée par le même idéal, la même vision, la même volonté de transformer, d’améliorer la société ? Sont-ils les canaux pour véhiculer les aspirations du peuple mauricien, les moyens de transformer leurs rêves en réalité ?. Ils ne tissent pas la solidarité nationale. Ils ne nourrissent l’enthousiasme d’aucun partisan. Peuvent-ils allumer les cœurs de la jeunesse mauricienne ? Ont-ils un projet politique qui passionne, un idéal qui entraîne, une vision qui enflamme ?

L’île Maurice, vue de l’extérieur, donne l’image d’une démocratie qui fonctionne. Les Mauriciens ont la chance de se trouver loin des grands pays avec une petite population insignifiante d’un million trois cents mille d’habitants. C’est pour cette raison, sans doute, que les opérations de l’escadron de la Mort ou les assassinats de la rue Gorah Issac n’ont pas fait la une de la presse internationale, ce qui nous a préservés jusqu’ici, de la publicité mauvaise pour notre industrie du tourisme. Mais, nous qui ne sommes pas des touristes dans notre pays, nous savons combien notre démocratie est malade. Les virus de la corruption l’ont beaucoup affaiblie et les rares guérisseurs que l’on a appelés à son chevet sont chassés ou insultés. Par la voie de la démocratie, Maurice s’achemine vers la dictature, ce qui nous a mis en pleine démocrature.

L’entrée en démocrature ne s’est pas faite toute seule. Elle est le résultat de nos mauvaises habitudes nationales sur lesquelles nous tous, Mauriciens, devons nous pencher, si nous voulons sérieusement guérir notre pays et assurer son développement sain et équilibré. De quoi la politique mauricienne souffre-t-elle ?

* Elle est malade de ses Députés sectaires au Parlement

Impuissants, nous avons assisté, ces dernières années, à l’adoption par le Parlement mauricien de nombreuses lois injustes et iniques, qui confisquent nos droits fondamentaux, ébranlent nos institutions et rongent notre démocratie. Bientôt, n’importe qui, y compris vous, cher lecteur, vous pourrez être jeté en prison sous de faux prétextes. Il n’y a qu’à vous coller cette étiquette de terroristes et vous êtes fini. Ce n’est pas une plaisanterie. Demandez à votre avocat de vous expliquer les pouvoirs que se donnent nos dirigeants pour faire taire l’Opposition.

D’abord les lois, iniques ou pas, ne se votent pas toutes seules. Elles sont votées par les hommes et les femmes que les électeurs ont envoyés au Parlement pour faire la volonté du peuple et faire avancer le pays. Une fois au Parlement, ils pensent n’avoir de devoirs qu’envers le parti et non envers la nation, envers le chef de parti et non envers les électeurs. Désormais ils se comportent non comme les députés du peuple mauricien tout entier, mais comme des délégués de partis, dogmatiques et sectaires.

Il y a certes la discipline du parti qu’ils doivent suivre mais ils semblent oublier que cette discipline vise surtout à assurer la tenue des promesses faites aux électeurs. Elle n’exige pas de voter des lois qui portent atteinte à la démocratie ou de suivre le leader en aveugles. La discipline n’exige pas de faire taire sa raison et sa conscience. La discipline ne vous demande surtout pas d’oublier les électeurs qui vous ont mis là où vous êtes.

Fanatisés, sans même se poser la question de savoir si l’Opposition a le droit et le devoir de faire des suggestions ou des propositions pour le bien de la nation, ces députés ne veulent rien savoir. Ils rejettent tout par principe, en bloc, sans discussion.

Ces hommes perdent leur individualité, leur bon sens, leur conscience. Ils ont oublié qu’ils ont le libre arbitre. Ils ne sont plus des êtres humains qui pensent et agissent en êtres doués de raison et de libre-arbitre. Ils sont devenus comme des sectaires, obéissants à leurs chefs avec une mentalité d’esclave. Tuez, qu’on leur dit, et ils tuent. Et c’est ce qu’ils ont fait avec l’ECO. Avez-vous jamais entendu un seul d’entre eux agir comme un homme libre qui réfléchit ? Comme un député qui doit choisir son pays avant son parti ? Pour les candidats, les électeurs n’existent qu’une fois tous les cinq ans et ils sont courtisés juste à la veille des élections. Autrement, on n’a pas besoin d’eux. La misère du peuple passera après leur propre bien-être. C’est pour cette raison qu’ils n’ont nullement hésité à voter, pour eux-mêmes et leurs maîtres, de grosses augmentations de salaires. Ces hommes démocratiquement élus deviennent des agents de la dictature. Que l’on ne se leurre pas ! On peut certes évoquer le modèle de Westminster, mais la pratique va dans le sens contraire.

* Elle est malade des Candidats qui rampent devant les Leaders

La plupart des députés disent devoir leur place au Parlement au seul leader qui les a choisis pour être candidats. C’est vrai, hélas ! Et c’est justement de cette dépendance que vient tout le mal, que viennent tous nos maux. Ces hommes et ces femmes ne comptent pas sur leurs propres capacités intellectuelles ou morales, ils n’ont rien à voir avec les idéaux du parti. Ils ne connaissent pas son histoire, ses luttes, ses héros. Ils ne sont pas venus par conviction pour servir le pays. Ils n’ont pas de conviction politique. Mais ils ont une aptitude très appréciée du leader : ils feront n’importe pour devenir députés, car cette ambition est comme une démangeaison. Aussi, ils seront fort utiles et seront fort bien utilisés.

Dans les pays démocratiques, les partis ont des branches dans les circonscriptions, elles sont les courroies de transmission entre le peuple et la direction du parti au niveau national. Ces branches dirigent le parti au niveau de la circonscription, recrutent les nouveaux membres et élisent leurs comités de circonscription. C’est un passage obligatoire pour les futurs candidats à la députation et c’est là d’abord au niveau de la circonscription qu’ils doivent faire leurs preuves et se faire accepter. Ils apprennent à connaître leur parti, son histoire, sa philosophie, son combat, ses réalisations set son programme de gouvernement. Ils ont des idées pour des projets de loi. Le moment venu, le candidat n’est pas un nouveau venu. Les électeurs ont eu tout le temps de le connaître, de discuter avec lui, de savoir ce qu’il vaut, et s’ils peuvent oui ou non lui faire confiance.

Comment cela se passe-t-il en démocrature ? Pas du tout de cette façon. Ici, un candidat est choisi parce qu’il est proche du leader, est un petit copain qui fait partie de son cercle d’amis intimes ou de sa famille. Il peut être proposé par une des grosses firmes du pays qui financent les élections. Mais, il ne doit surtout pas poser des questions embarrassantes, deviner l’opinion du leader pour abonder dans son sens, faire ses caprices, subir son bézère caractère, être son marchepied. C’est ainsi qu’à la veille des élections, on voit souvent des inconnus souvent opportunistes, parachutés à la dernière minute dans des circonscriptions qui leur sont totalement inconnues, dont ils ne connaissent ni l’étendue, ni les spécificités, sans parler de la philosophie politique du parti, ou du programme concocté à la dernière minute pour appâter le peuple admirable. Cette espèce de candidat que les électeurs doivent accepter ne connaît que le leader du parti et personne d’autre. Au leader iront son âme et sa conscience. Cet homme n’est pas un homme libre !

Ne nous étonnons pas de la façon dont ce député va se comporter à l’Assemblée nationale. Cela tient à la façon dont cette personne est choisie pour être candidat aux élections. Si elle est choisie par un comité lui-même élu, et qu’elle est élu députée, alors elle saura qu’elle doit son élection à un groupe légitime qui l’a reconnue et choisie. Elle devra son élection à ses propres qualités, et aux personnes qui l’ont choisie pour ses qualités intrinsèques, dans l’attente qu’elle les mette au service du pays.

Démocratiquement choisi et démocratiquement élu, il y aura toutes les chances que ce nouveau député croie dans la démocratie et respecte les institutions. Mais souvent, ce n’est pas le cas, s’il n’est pas habitué à pratiquer la démocratie au sein du parti, comment pourrait-on s’attendre à ce que, une fois élu, il se comporte de manière démocratique?

* Elle est malade de ses Groupements politiques qui tuent la Jeunesse

Les groupements politiques et surtout les leaders dominent la vie mauricienne. Leurs moindres déclarations, prises de positions, tractations, négociations, alliances font l’objet d’analyses et de discussions interminables dans tous les milieux, ce qui donne à penser que le peuple mauricien aurait son mot à dire dans la conduite des partis ou des mouvements politiques. Oh que non! son rôle est réduit et limité. Il pourra toujours parler. Il n’influence pas. Il n’oriente pas. Il commente. Il cause !

Certes il y a de temps en temps des consultations électorales avec des changements de personnes, mais il s’agit dans la plupart des cas, de révolutions de palais où seuls les états-majors changent mais pas le système, ni les enjeux. Il n’y a pas de révolution ni sociale ni populaire. A l’image de la société mauricienne, les groupements politiques sont bloqués. Comment, dans ces conditions, demander à des jeunes universitaires qui croient dans la démocratie de s’intéresser à la politique ou de se joindre à des mouvements politiques ?

Vite, ils découvrent que les groupements politiques sont loin d’être démocratiques et que leur structure et leur mode de fonctionnement n’encouragent nullement les initiatives et les idées nouvelles. Ils étouffent !

Vite, ils découvrent que ces groupements ne répondent pas à leurs aspirations et ne suscitent pas leur enthousiasme, n’ayant aucun projet d’avenir pour la jeunesse du pays. Ils sont frustrés !

Vite, ils découvrent que les partis sont la propriété privée de certains individus. Ces propriétaires des partis font ce qu’ils veulent et ne respectent pas les règles du jeu démocratique. Comment ces partis qui ne pratiquent pas la démocratie en leur sein croient ils pouvoir leurrer les jeunes ? Il n’est donc pas étonnant que les jeunes, universitaires ou non, fuient les partis politiques. Ils sont dégoûtés ! Mouvements et partis politiques sont en train de tuer la jeunesse du pays.

Dans notre pays très légaliste, on pourrait croire que la Constitution de chaque groupement politique est à la portée de tous ses membres. Or, tel n’est pas le cas. Il n’y a qu’à faire un test auprès des partisans, et on verra qu’ils n’ont jamais lu ni vu le texte de la constitution de leur parti. Comment peuvent-ils appliquer ou respecter ce qu’ils ne connaissent pas. N’est-ce pas justement cette habitude de déconsidérer ses propres constitutions que l’on arrive à violenter si allégrement la Constitution du pays ?

Dans les partis, on voit parfois voter des amendements à leur constitution lors des assemblées générales. Les amendements ne sont jamais circulés à l’avance et tout se passe sans que personne ne comprenne rien. Comme cela se passe au Parlement où des lois des plus importantes sont votées avec des certificats d’urgence comme on en a vus, c'est-à-dire, dans la précipitation, sans que la population ait eu le temps de prendre connaissance des projets de loi, de les étudier, de les discuter, d’en prévoir les effets avant de se prononcer. Il faut éduquer le peuple.

Plus grave, les groupements politiques, à la différence des associations sociales ou culturelles, n’ont pas besoin de se faire enregistrer. Donc, ils n’ont pas à déposer auprès du Registrar of Association leurs textes fondateurs, leurs livres de comptes, chaque année. Ils ne sont pas tenus de se faire connaître aux autorités ou aux administrés du pays la façon dont leur groupement, mouvement ou parti, est géré ou financé. Ils n’ont de comptes à rendre à personne!

C’est comme si le législateur, c'est-à-dire le Gouvernement, Ministres et Députés, ont fait le choix délibéré d’éviter de porter leur regard sur des activités inavouables, et ont préféré maintenir l’opacité la plus totale les activités et agissements de groupements politiques. Le peuple tenu à l’écart ne comprend rien ou ne veut pas savoir non plus. A propos, pourquoi n’a-t-on pas légiféré sur toutes ces questions, justement pour tout amener dans la clarté, ce qui ne ferait que faire avancer la démocratie dans les partis et ensuite dans le pays. .

Plus grave, ces partis n’ont pas de projet de société. Comment voient-ils la société de demain? Et l’avenir du pays ? Sa place dans la région ? Son rôle entre l’Afrique et l’Asie ? Ont-ils un projet de société ? Une vision pour le pays ?

Les rares jeunes qui pourraient être attirés par un désir sincère de servir le pays sont amenés à examiner les partis qui occupent les devants de la scène politique. Ce qu’ils découvrent n’est pas de nature à nourrir leur enthousiasme ni de porter leurs espoirs.

Le premier choc, c’est de constater que, contrairement à ce qu’ils pensent, les dirigeants des partis politiques ne sont élus par leurs membres. En théorie, il existe à la base des élections de quartiers ou de circonscriptions qui aboutissent à une assemblée générale. Celle-ci élit un Comité central ou exécutif composé de représentants élus de chacune des 21 circonscriptions du pays. Ce Comité à son tour élit un Bureau politique avec un Leader, un Président, un Secrétaire Général et les autres membres

Or, dans la pratique, les choses se passent différemment. Dans certains groupements politiques, les membres du Comité Exécutif ou du Comité Central sont personnellement choisis et nommés par le leader. Maintenant imaginez un comité exécutif dont TOUS les membres, une centaine ou plus, sont nommés par le Leader. N’importe quel enfant qui dira que ce n’est pas honnête. C’est malsain. L’homme ainsi « élu » devient prisonnier du Leader qu’il devra flatter pour garder son poste. A son tour, il doit « élire » comme Leader, celui qui l’a nommé au Comité central. A son tour, le leader est élu par ceux-là qu’il a lui-même nommé dans le comité exécutif ou central. Les élections mardaye commencent toujours chez soi. Mais quiconque essaiera de changer tout cela, par exemple, en proposant des élections « free and fair » à tous les niveaux, au sein des partis totalitaires est écarté des partis et, malgré leur popularité auprès des électeurs, ne reçoit pas de tickets aux élections

Il existe certes des partis qui disent passer par des élections régionales, mais qu’on cesse de prendre les électeurs pour d’admirables imbéciles. On sait que la plupart de ces élections sont hautement manipulées par offre de postes, de contrats, de terres ou de pitailles, ou sinon menace, chantage, expulsion ou violence. Le parti, c’est souvent la parure dont s’affublent les autocrates pour assujettir le pays. On voit mal comment ces partis peuvent parler de démocratie pour le pays quand en leur sein même, la démocratie ne se pratique pas, n’existe pas. Non, il faut des lois. Il faut introduire la transparence. Il faut que les partis soient enregistrés comme les autres associations, et que comme les associations, ils rendent des comptes chaque année au Registrar. Sinon, les défenseurs de l’indéfendable, continueront de faire le mal en croyant faire le bien.

A l’étranger dans les pays démocratiques, il y a, chaque année, un peu partout dans le pays une campagne de recrutement. Cela se passe également dans les Universités où les jeunes s’approchent, interrogent, prennent connaissance de la constitution du parti, de son histoire, de ses options fondamentales, et selon leurs inclinations se joignent au parti de leur choix. Ce n’est pas entrer dans une secte où l’on doit obéir à un gourou les yeux fermés, le bon sens oublié et la liberté de pensée et d’action abandonnée au profit du seul leader. Personne n’est là-bas propriétaire de parti. S’il veut être élu à quelque poste que ce soit, il doit être voté et élu d’abord dans la branche, puis dans la circonscription. Pour faire partie du Comité Central ou Exécutif, il faudrait d’abord être élu démocratiquement et non pas nommé par le bon vouloir du leader qui favorise et nomme celui qui le nommera à son tour au poste de Leader. Ainsi, le parti transmet et inculque sa culture politique aux nouveaux adhérents, qui n’ont rien à dire.

Voyons maintenant le problème du financement des partis. Tout le monde sait que les partis ont besoin d’argent pour leur fonctionnement qu’ils obtiennent de leurs membres et de beaucoup de l’argent en période de campagne électorale pour payer les affiches, les banderoles, le transport des électeurs le jour des votes, faute de quoi les électeurs ne votent pas. Or, on sait que les élections sont souvent de magnifiques occasions d’enrichissement sans cause. Les cas sont nombreux où des politiciens locataires incapables de payer leurs loyers, en l’espace d’une élection, sont devenus de riches propriétaires. Et ce n’est pas parce que l’autre a empoché et gardé pour lui- même et sa famille que l’utilisation de cet argent sale peut se blanchir dans les buildings ensoleillés. C’est pour cette raison que le peuple pense que l’Etat devrait exercer son contrôle sur le financement des partis. Une toute première mesure à adopter qui pourrait tout de suite assainir la situation serait de rendre le vote obligatoire. Disparaissent alors les énormes sommes d’argent pour le financement des campagnes électorales. Les votes ne seraient plus achetables.

* Elle est malade de l'empoisonnement par les 60-0

Les 60-0, c’est le plus grand malheur que les Pères de la Constitution ont légué au pays. Ils n’avaient pas prévu qu’elle allait rendre le peuple mauricien prisonnier des partis politiques.et surtout des leaders de partis. Ni eux ni les électeurs ne pouvaient imaginer que le vote démocratique pouvait conduire à la dictature. En votant bloc, les 3 candidats d’un même parti, dans chacune des circonscriptions du pays, le peuple admirable donne licence aux élus de faire n’importe quoi avec la Constitution. Les élus du parti victorieux disposent de plus des trois-quarts, plus un des votes indispensables à tout amendement, des « entrenched clauses » que les Pères de la Constitution voulaient rendre inamovibles, inattaquables.

En votant 60-0, c’est- à -dire en accordant les trois quarts des votes plus un, d’un côté comme de l’autre, le peuple admirable donne à un parti le pouvoir absolu de manipuler nos libertés fondamentales. Entre les mains de députés qui ont abdiqué tout exercice de réflexion individuelle et qui suivent en aveugles, les 60 -0 ont permis le saccage et le viol de nos libertés fondamentales, la destruction de nos institutions. Le peuple ne comprend pas grand-chose et les universitaires qui devraient éclairer la société civile, se taisent, ou n’ont rien compris!

En donnant le pouvoir absolu à un parti ou une alliance, d’un côté comme de l’autre, c’est couper le pays en deux, entre ceux qui peuvent faire n’importe quoi et ceux qui ne peuvent rien faire du tout. Ainsi fait-on des dominants et des dominés, ceux qui oppriment et ceux qui subissent.

En amenant un parti, quel qu’il soit, au pouvoir avec les 60-0, c’est lui donner licence pour faire taire les Opposants, c’est créer un monstre qui ne cherchera que ses propres gains égoïstes au détriment des intérêts de la Nation. C’est ne pouvoir rien faire pour l’arrêter.

A y regarder de près, l’on comprend que voter 60-0, c’est donner le pouvoir absolu, non à une équipe, mais en réalité à un seul homme. C’est en faire un dictateur. C’est le légitimer. Ainsi le bloc vote qui amène les 60-0, nous a tous mis, gouvernants et opposants, sur le même volcan.

Conclusion : Que faire?

Nos maux sont entretenus pas trois sources : D’abord, le vote bloc des 60-0, ensuite, le fonctionnement anti-démocratique de nos groupements, partis et mouvements politiques, et en dernier lieu, l’absence d’une législation régissant les partis politiques. Il faut les drainer toutes et le plus vite possible. Comment ?

Le peuple devrait voter uniquement des hommes de parole, qui respectent leurs engagements, des patriotes, des hommes qui pensent au pays avant leurs partis. Il devrait éviter les lèche-bottes qui font la cour aux leaders : ce sont des gens dangereux pour la démocratie. Le peuple doit se promettre de ne plus voter pour les indésirables qui déshonorent la fonction sacrée de député et de ministre.

Les jeunes et la société civile devraient s’intéresser davantage à la politique, pas seulement en allant écouter les orateurs des meetings publics, mais en demandant à connaître la constitution, les projets de société et les travaux des différents partis, et en suivant de près leur fonctionnement. Tout cela fait partie de l’éducation civique.

La société civile doit s’organiser et faire pression sur les partis en vue de l’adoption par le Parlement d’un texte de loi qui définissant les paramètres pour l’enregistrement, le contrôle et le fonctionnement démocratique de nos partis politiques.

Conclusion : Considérez l’homme avant le Parti! Il reste toujours, Dieu merci, des hommes dignes de votre confiance, dans tous les partis. Trouvez-les. C’est en les identifiant et en les amenant au Parlement que nous sauverons notre pays.

J Tsang Mang Kin

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