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Interview: Yvan Martial, Journaliste PDF Print E-mail
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Interview: Yvan Martial, Journaliste


‘Nous avons besoin d’un Rassembleur à notre tête

pour nous mener dans le droit chemin, dans la voie de la prospérité

* ‘Le MSM n’a guère besoin du Muvman Liberater, encore moins de transfuges du MMM et du PMSD. La Campagne lui suffit’

* ‘Rien ne change à Maurice ; Si vous êtes créole, joignez-vous à un parti campagnard. Si vous êtes hindou, un parti urbain vous chérira’

Les scandales se suivent d’un gouvernement à l’autre et souvent se ressemblent. Les medias et l’opposition parlementaire font de leur mieux pour dénoncer ces travers. Les transgressions du monde politique dérangent de plus en plus. Il est important de rester vigilant car ce qu’il y a de scandaleux dans le scandale, c’est que certains finissent par s’y habituer. Yvan Martial, journaliste et observateur de la politique locale, nous en parle.

 

Mauritius Times : La pression sur le gouvernement ira en s’accentuant avec la reprise des travaux parlementaires, cette semaine-ci, avec l’opposition posant questions sur l’implication alléguée des membres de l’exécutif et/ou des leurs proches dans différentes affaires. Avez-vous la même impression ?

Yvan Martial : Votre question surprend parce qu’elle fait allusion à une pression parlementaire sur les membres du Gouvernement, autrement dit nos ministres. Il fut un temps, avant l’Indépendance, quand nos députés se considéraient davantage comme des représentants du peuple et, de ce fait, chargés de défendre les intérêts des Mauriciens que menaçaient des fonctionnaires, rémunérés par les contribuables et ne leur offrant pas toujours un service public à la hauteur de leurs attentes.

A l’heure du budget national, les fonctionnaires campaient presque à l’Hôtel du Gouvernement, sachant qu’au moment où leur département se retrouverait sur la sellette, il leur faudrait justifier le moindre sou dépensé (du Trésor Public), la moindre décision, surtout impopulaire, face à une meute agressive de députés, voulant prouver à leurs mandants qu’ils savent casser ène grand paquet. A ce jeu de chasse aux fonctionnaires, il était difficile d’être plus féroce que Beekrumsing Ramlallah, Hurryparsad Ramnarain, Sookdeo Bissoondoyal.

Depuis belle lurette, nos ministres sont davantage des protecteurs de certains fonctionnaires mêmes improductifs, parasites, indignes, plutôt que défenseurs des Mauriciens, voire de leurs mandants. Un tel revirement peut s’expliquer par le fait que trop souvent des fonctionnaires sont recrutés non pas en raison de leurs compétences professionnelles mais en raison d’une proximité incestueuse politique, familiale, socioculturelle. Que de fois nous, journalistes, surprenons des échanges de regards, muets mais éloquents : Nous banne-ça… Pas attaque li...

* La stratégie employée ces temps-ci est payante, paraît-il. L’impression qui se dégage, c’est celle d’un gouvernement acculé, de plus en plus sur la défensive, non ?

Il va de soi que cette pression parlementaire suppose que l’opposant maîtrise mieux ses dossiers que sa cible ministérielle. Il ne doit nourrir aucune illusion sur un quelconque espoir de pêcher miraculeusement des informations, du genre but-contre-son-camp. L’astuce consiste à savoir ce que le ministre ne veut pas que l’on sache, pour l’obliger à dévoiler au vu et au su de tous ce qu’il refusait jusqu’à l’heure de cracher en public.

Mais cette possible pression parlementaire, réussie ou non, n’est que du vent, quand on sait qu’en d’autres circonstances, au sein d’autres alliances gouvernementales, les mêmes parlementaires auraient tenu un discours aux antipodes de celui tenu aujourd’hui, parce qu’ils se retrouvent, soit dans le gouvernement, soit dans l’opposition. Quoi de plus ridicule qu’un opposant se drapant dans sa dignité outragée devant une prétendue tyrannie gouvernementale alors qu’hier encore il était fesse et chemise avec ses nouvelles têtes de Turc. Comment voulez-vous qu’un peuple aussi admirable que le nôtre puisse les prendre au sérieux ? Mêmes les salaires mirobolants qu’ils offrent à leur âme sœur ne nous font plus rire…

Pression parlementaire ou non, la question qui se pose n’est pas : Qui l’emportera ? Le Gouvernement ou l’opposition ? L’important c’est de savoir si le Peuple est toujours le vainqueur principal de la moindre de nos séances parlementaires.

Mais ne crachons pas sur certaines avancées. En 2014, nous avons été pratiquement sevrés de séances parlementaires pour des raisons les unes plus biscornues que les autres. Que n’a-t-on pas inventé alors dans le vain espoir de justifier l’injustifiable ! Nous restons loin des années de l’ère coloniale quand un Conseil Législatif pouvait se réunir du 1er janvier au 31 décembre, quand la moindre motion d’un parlementaire faisait l’objet d’un long débat, émaillé d’amendements et de sous-amendements. La patience et le respect du représentant du peuple dont faisaient montre nos dirigeants colonialistes et donc anglais nous émerveillent aujourd’hui encore.

N’ayons aucune illusion. Nous n’acculons guère le gouvernement en place. Il lui suffit d’être assez stoïque et de maîtriser ses pulsions, sachant qu’un scandale chasse l’autre et que dans un mois, dans un an, nul ne se souviendra de nos présentes révulsions les plus urticantes.

* Entretemps, les medias continuent de mettre la pression sur le gouvernement. C’est normal, non ?

Ce n’est pas tous les jours que notre presse remporte une victoire aussi éclatante jusqu’à obliger un sage mentor à menacer de nous arroser copieusement. Nos sphincters nous jouent parfois d’horribles tours. Le ou la journaliste ayant réussi cet exploit mérite une décoration professionnelle, à défaut d’être gouvernementale.

Nous, journalistes, nous devons être impitoyables quand nous défendons les Mauriciens contre de possibles abus de pouvoir, contre de possibles refus de nous rendre des comptes. Nous devons rappeler sans cesse à nos dirigeants qu’ils ont des comptes à nous rendre. Après tout, nous ne leur avons jamais demandé de se porter candidats ni de se faire élire députés ou ministres. Si la pression que nous exerçons sur eux leur est intolérable, ils sont libres à tout moment de démissionner et de redevenir simples citoyens, comme vous et moi.

Une rubrique fait cruellement défaut dans notre presse, celle passant en revue les scandales inacceptables de l’année écoulée. Retirer ces cadavres des placards cadenassés et poussiéreux serait faire œuvre d’utilité publique. Le ministre s’endormant sur son dossier, pourtant épineux, n’est pas le seul coupable. Des fonctionnaires, rémunérés des fonds publics, le sont tout autant. Pourquoi ne pas les licencier puisqu’ils sont incapables de produire les résultats que nous sommes en droit d’attendre d’eux, puisque nous les rémunérons ?

En étant incapable d’assurer la publication d’une chronique aussi révélatrice, notre presse devient complice d’un laisser-aller qui plonge Lépèp Admirable dans un désespoir sans fond. Quand nos meilleurs journalistes singent le chihuahua endormi les ministres-souris dansent aussi gaiement que des barons de la drogue qui de Melrose peuvent commander drogues dures, valant des centaines de millions ou milliards.

* La stratégie de l’opposition, en particulier celle du MMM, est clairement de pousser le Muvman Liberater d’Ivan Collendavelloo, qui est en passe de devenir une ‘liability’ pour le MSM en raison des différentes affaires impliquant ses membres, vers la porte de sortie. Ce qui affaiblira davantage ce qui reste du gouvernement Lepep avec le départ du PMSD. C’est difficile toutefois de croire que le leader du MSM voudra se séparer des Liberaters dans les circonstances actuelles, non? Le moment n’est pas propice pour cela… ?

Nous savions que l’Alliance Lépèp était disparate. Mais pas à ce point. Plus que jamais l’étiquette camion saleté que lui avait accordé le tandem 2nde République PTr-MMM démontre sa justesse. Nous ne sommes même pas à mi-parcours du mandat. Mais n’ayons aucune crainte. Le MSM ira jusqu’à la fin de son mandat, au besoin, sur les rotules. Mais il ne lâchera pas l’inespéré gruyère gouvernemental que nous lui avons peut-être imprudemment confié le 10 décembre 2014.

Le Mouvement Libérateur laisse déjà des plumes dans cette mélasse. Mais il ne passera pas in toto dans caro cannes. L’attrait de ce gruyère sera toujours plus fort pour certains. Ils se regardent certes comme chiens de faïence mais se côtoient sagement pour nous faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des groupuscules politiques.

Le MSM n’a guère besoin du Muvman Liberater, encore moins de transfuges du MMM et du PMSD. La Campagne lui suffit, grâce à un système électoral (FPTP) et un découpage de circonscriptions électorales effritant leurs sœurs citadines au profit des campagnardes.

Son principal adversaire à la Campagne demeure le Parti Travailliste qui, à tout moment, peut lui ravir la faveur campagnarde, surtout si une puissance étrangère amie et ses ventouses socioculturelles le veulent. ML et transfuges, surtout urbains, lui donnent un vernis d’unité nationale, pouvant donner le change à quelques crédules.

Rien ne change à Maurice ; Si vous êtes créole, joignez-vous à un parti campagnard. Si vous êtes hindou, un parti urbain vous chérira. Laissons leurs illusions à ces marionnettes.

* Sir Anerood Jugnauth se montrait redoutable à chaque fois qu’il se trouvait acculé, et c'est au pied du mur qu’il réussissait souvent à rebondir. Pravind Jugnauth agit différemment ; il semble vouloir faire l’effort de se démarquer du style de son père tant dans le discours que dans les méthodes. Mais il se trouve devant de grands défis : maintenir le cap jusqu’aux prochaines élections et préparer l’après 2019. Quelle impression vous fait l’homme en tant que leader de l’alliance et Premier ministre ?

Sir Anerood acculé ? Cela demande vérification. Notre histoire le connaît… plus souvent transporté par les événements encore qu’il sait prendre le train en marche. Les hindous ne se pressent pas au portillon en 1971-72 quand il laisse entendre qu’il est prêt à donner un coup de main au MMM. Sa méfiance bissoondoyaliste envers PTr et PMSD explique peut-être bien des choses. Nous connaissons la suite.

Il se laisse transporter jusqu’à la présidence du parti (encore que le deus ex machina en soit le secrétaire général comme dans tout parti communiste qui se respecte) et jusqu’au poste de Premier ministre. Il se laisse encore transporté quand de hauts fonctionnaires lui signalent qu’autant un président du MMM n’est rien, autant un Premier ministre est tout à l’Hôtel du Gouvernement. La preuve ? Il peut révoquer un directeur de la MBC, sans prévenir son ministre des Finances. Pravind fera cela encore plus aisément puisqu’il cumule ses deux postes...

Sir Anerood sappe lors cale lorsqu’on lui écrase le durillon. Il ne se contient plus et devient capable de tout, y compris rajeunir de 20 ans. De nouveau, il se laisse transporter au Réduit avant 2008 (date du renouvellement travailliste de son mandat présidentiel) jusqu’à sa démission anticipée. Bérenger lui confère le statut de perche providentielle et de sauveur national et ajoute à une blessure antérieure inguérissable : le coup de Jarmac dit le guet-apens travailliste de MedPoint, infligé à Pravind. De là une cassure MSM-PTr paraissant insondable.

Mais tout demeure possible en politique à Maurice. Nous devons même nous méfier des échanges mutuels d’insultes. Plus ou s’injurie entre politiciens locaux et, plus vite, on se réconcilie. Mais vitesse et durabilité ne sont pas synonymes. Nous aurions tort de prêter davantage d’importance à des disputes de gamins dans la cour de récréation, même si le théâtre de leurs querelles infantiles comprend aussi notre Assemblée nationale.

A tort peut-être, je prête aux Jugnauth une rectitude morale de bon aloi que plusieurs de leurs adversaires ou alliés politiques du jour pourraient (devraient) les envier. J’imagine mal que quelqu’un puisse respecter rigoureusement les intérêts supérieurs d’un pays quand il donne l’impression de profaner allègrement ce qui tient à cœur à ses proches, quand il semble pouvoir bafouer sans scrupule les sentiments les plus intimes de ceux et celles qu’il devrait chérir.

Pravind donne l’impression d’être homme de dialogue et d’écoute. Cela va-t-il jusqu’aux critiques nous donnant l’occasion d’utiles examens de conscience, d’autocritiques, de remises en cause ? Plus fondamentalement nous, Mauriciens, avons besoin d’un Rassembleur à notre tête, pour nous mener dans le droit chemin, dans la voie de la prospérité pour chacun d’entre nous, en commençant par les plus défavorisés. Nous avons besoin de quelqu’un pouvant nous motiver collectivement parce que nous le savons assez magnanime pour pardonner à ceux qui lui ont fait du tort et leur donner une nouvelle chance de travailler ensemble au progrès harmonieux de notre pays et de la population.

Pravind peut surpasser ses prédécesseurs s’il sait se montrer mieux qu’eux capable d’être régulièrement à l’écoute de ses adversaires de l’heure. S’il sait humblement leur demander ce que gagne le pays quand ils s’obstinent à mettre systématiquement un bâton dans les roues du gouvernement qu’il doit diriger parce que c’était la décision du 10 décembre 2014 de l’électorat. Il transcendera ses prédécesseurs, s’il sait mieux qu’eux déléguer ses pouvoirs incommensurables. Qui peut mieux savoir ce dont a besoin un village ou un quartier urbain que l’habitant le plus charismatique vénéré du plus grand nombre ? Ce n’est pas parce qu’il ne hante pas obséquieusement les antichambres du Pouvoir qu’il doit être méprisé par les princes qui nous gouvernent.

Pravind sera supérieur à ses prédécesseurs quand il comprendra que ceux, qu’il désire ardemment rencontrer parce qu’il sent fortement qu’ils peuvent lui apporter quelque chose pouvant lui manquer, lui sont plus précieux que ceux qui sollicitent rendez-vous et audiences privées. Les plus précieux conseillers sont ceux qui plaident pour moins chanceux qu’eux et non les rodère boutte en quête de nouveaux avantages pour eux ou pour leurs proches.

* Le MMM est passé maître dans la démolition des gouvernements, et Pravind Jugnauth devra donc composer avec la pression qui viendra de l’opposition. Ce n’est sans doute pas une situation idéale pour tout nouveau Premier ministre, mais il va devoir prouver qu’il dispose de compétences nécessaires pour ce poste, n’est-ce pas ?

Quand des technocrates sans scrupules magouillent dans l’ombre pour démolir peut-être l’ancienne School de Port-Louis, à la rue Edith-Cavell, pour y construire une nouvelle Cour suprême, au lieu de l’ériger à Highlands, j’ai une opinion encore plus piètre pour les démolisseurs surtout politiques.

Je ne sais si le MMM passe maître dans l’art de la démolition de nos gouvernements. Si tel est le cas, cela ne lui fait guère honneur. Je préfère définir le politicien comme un perpétuel bâtisseur d’une nation mauricienne, toujours à consolider, à parfaire, même si les locataires de l’Hôtel du Gouvernement sont pour l’instant des adversaires.

Un gouvernement démocratiquement élu est toujours le reflet même palissant d’une majorité électorale. On ne peut respecter celle-ci sans respecter son choix même si nous n’en faisons pas partie. Mépriser la majorité parlementaire, c’est aussi mépriser la majorité l’ayant plébiscitée.

* Mais quelle opinion faites-vous de toutes ces affaires qui ont dominé l’actualité ces dernières semaines ? Les titres de presse, ces derniers temps, laissent entrevoir des suspicions de maldonne, de favoritisme, et d’interférence dans le fonctionnement des institutions publiques, mais aussi l’image d’une industrie de la drogue florissante…

Tout nouveau scandale éclatant à la surface de notre actualité est pour moi une nouvelle souffrance intérieure encore plus indicible que les précédentes. Je dois assumer ces nouvelles souffrances, appelées à se multiplier, semaine après semaine, comme celui qui apprend que sa mère est une souillonne collectionnant de nouveaux amants. Une mère même « malangue » demeure une mère, comme notre pays ne peut qu’être notre pays.

Nul d’entre nous ne peut empêcher un scandale d’éclater et de nous éclabousser. Nous sommes souvent impuissants devant certains nouveaux scandales. Mais nous devons pouvoir réagir sainement face à ces scandales, quitte à présenter le plus humblement nos regrets et excuses, si une attitude passée de notre part a pu donner l’impression que nous avions péché par manque de perspicacité et de prévoyance.

Il m’est arrivé, en tant que journaliste, de rencontrer d’illustres inconnus, frappant à ma porte, sollicitant aide, conseil, mendiant un peu d’écoute et de dialogue. Bien à tort, j’ai pour principe qu’une porte ouverte ne doit jamais se refermer, qu’une amitié donnée ne saurait être reprise. Mais autant devons-nous être miséricordieux envers l’éventuel pécheur (qui vaut certainement mieux que moi), autant devons-nous être intransigeants à l’égard de la faute commise, surtout si elle prend l’hideuse allure d’un scandale national, pouvant décourager les meilleurs d’entre nous.

Plus haut est-on juché dans la hiérarchie administrative de notre pays, davantage devons-nous faire comprendre à tout officier concerné, qu’il soit du Judiciaire ou d’une quelconque police, que nous n’entendons nullement intervenir en faveur de quelqu’un ayant trahi notre confiance et notre amitié.

Le message de tous, en cas de scandale, doit être ceci : Je compte sur les responsables pour un surcroît de sévérité car aucune impunité ne saurait me rendre mon honneur aux yeux de l’opinion publique. Et pour que mon message soit crédible, il est impérieux que tous soient convaincus que nul plus que moi veut que ma consigne soit strictement mise en pratique et respectée.

* L’action et les démarches gouvernementales tendent à satisfaire l’exigence de résultats sur le plan économique pour que le Gouvernement puisse se retrouver dans une position confortable lors des prochaines négociations électorales. Mais il ne paraît pas évident que le Gouvernement puisse réussir à vraiment doper la croissance durant le temps qui reste avant les prochaines législatives au regard des conditions économiques sur le plan mondial. Donc, ce sera plutôt ‘business as usual’. Qu’en pensez-vous ?

Nous devons ôter à jamais de notre esprit l’illusion de croire que le Gouvernement en place fait d’une quelconque manière partie du bloc moteur économique de notre pays. C’est prendre un chauffeur aux mains gantées et portant lunettes de soleil pour un piston, un injecteur, une soupape, une culasse, un arbre à cames, voire un mécanicien.

Le moteur économique d’un pays se trouve plus sûrement du côté des opérateurs, des producteurs, des exportateurs tellement méprisés, de ceux qui travaillent, que du côté des politiciens, ministres compris. Notre moteur économique est heureusement business as usual.

Nous avons de la chance. Il accepte de tourner rond en dépit des chemins tortueux. Nous devons croire que notre moteur économique fait ses preuves même quand des chauffeurs inexpérimentés se mettent au volant sans connaitre leur destination, quand ils accordent davantage d’importance à l’accélérateur qu’au frein, qu’ils délaissent des arrêts d’autobus pour tous, connus de tous, pour s’arrêter de préférence et pour une durée indéterminée devant des résidences privées et privilégiées des nous-banne.

Tout gouvernement s’il veut être crédible et inspirer confiance doit être avant tout un facilitateur infiniment respectueux de tout opérateur économique efficace. Il inspirera davantage confiance s’il démontre constamment qu’il préfère nos exportateurs à nos importateurs, nos producteurs locaux - créateurs d’emplois, aux spéculateurs de tous poils.

Je veux encore espérer qu’un gouvernement mauricien, plus intelligent que ses prédécesseurs, saura un jour optimaliser au bénéfice de notre pays les inépuisables ressources humaines de notre diaspora. Tout Mauricien de l’étranger devrait pouvoir devenir un ambassadeur privilégié de ses frères et sœurs, restés au pays natal. Il ne réclame aucun titre, aucune rémunération, mais seulement un minimum de reconnaissance et d’écoute officielle quand l’occasion lui est donnée d’un séjour au pays natal.

C’est surtout un secteur où la plus grande coopération entre secteurs public et privé, ne peut qu’être éminemment profitable au pays comme à son potentiel économique. Nous ignorons la chance que nous avons de vivre dans un pays plutôt restreint où tant de grands décisionnaires sont aisément accessibles et disponibles. Des milliardaires étrangers nous envient cette proximité, ce savoir vivre-ensemble.

* Il parait que la toute dernière, le ‘Reform Party’ de Roshi Bhadain et celle des académiques de l’Université ont « fizzled out » -- même s’il parait qu’il y avait au début de nombreux jeunes qui ont adhéré au parti de l’ancien ministre de la Bonne gouvernance. C’était prévisible ?

Les récents coustics de Roshi Bhadain illustrent à merveille l’incapacité de tout-venant de comprendre ce qui se passe dans la tête de nos politiciens. Une chose nous apparaît incontestable : c’est l’adage voulant que la politique rend écervelé celui ou celle qu’elle veut perdre. Nous devons en prendre notre parti.

Quant à son Reform Party, nous en reparlerons quand il aura affronté seul un scrutin même régional. En disant cela, n’oublions pas que des partis aussi respectables que Lalit, Verts-Fraternels, Mouvement 1er-Mai, comptent des décennies de lutte incessante sans dépasser quelques centaines de voix lors d’un quelconque scrutin.

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