Elections et Campagnes: Quel jugement y porte-t-on?

Un candidat est jugé sur la campagne qui doit inspirer confiance. Quelle philosophie le ou la guide ?

Dans la tradition chaque parti politique réunit ses agents, activistes et proches pour lancer sa campagne. La logique veut que la foule présente contribue à tirer des conclusions. Si la salle est comble sans compter l’ambiance, c’est bon signe. Idem pour les derniers meetings qui augurent bon ou mauvais. Au no 18, on compte avant tout sur les gens de la circonscription qui ont le véritable rôle de catalyseurs. D’allumer la flamme et de convaincre les votants.

Jugement sur les discours

Certains candidats font systématiquement des campagnes de dénigrement de l’adversaire. Ils descendent plus bas que la ceinture. Attaque contre la personnalité, contre le parcours et contre la famille. Preuve ici de manque de maturité politique, d’absence de programme valable et de panne d’arguments.

Une campagne doit être bien structurée et non pas basée sur ce qu’on croit faire rire ou attirer des commentaires débiles. Pas une farce en plein air. Quand il s’agit des politiciens jeunes qui viennent débiter des discours dans ce style en public ou à la radio sur un adversaire politique, la population a vite fait de faire tomber en disgrâce ce genre de politicien.

A ne pas oublier que « an essential political skill is the ability to perform professionally and not cheaply.”

Quoiqu’on en pense et quoiqu’on dise, la performance de duo – Arvin Boolell et Navin Ramgoolam – le vendredi 27 octobre 2017 à la municipalité de Quatre Bornes était un succès en donnant l’image « of a united and enthusiastic party ».

Jugement sur les rôles

Les rôles les plus reconnus et les plus difficiles des élections et des campagnes sont : “reinforce a voter’s existing loyalty to a political party, attempt to activate its existing supporters to turn out and vote on election day or seek to convert members of the general public and thus gain new sources of electoral support for the party” (politics – Peter Joyce).

Les “diehards”, comme on les appelle, sont pour la plupart des votants d’un certain âge. Depuis l’époque de l’indépendance, ils ont choisi leur parti et rien ne pourra les faire bouger d’un iota. C’est trahir son âme et perdre les repères en changeant de bord. Quelques-uns diront : « dans nu disang ça. Couma pou sanze. » Le rôle est simplement d’éviter l’abstention de ce groupe. En partie la raison qui a transformé le paysage politique avec un raz de marée de Vire Mam en 2015.

Un autre rôle est de booster les supporters en leur donnant des fonctions spécifiques. Lors d’une campagne il faut éviter des problèmes de division et veiller à la coordination de ses forces vives. Jusque-là le Parti Travailliste est maître sur le terrain. Les autres partis ont dérapé de par des campagnes communales, castéistes et familiales. La population de Belle Rose-Quatre Bornes est plus ou moins acquise au profil, à l’approche du candidat rouge. Mais faut-il encore vivre la grande journée de la fidélité et de la promesse de vote. Une campagne ne s’arrête jamais à mi-chemin.

Jugement sur les candidats

Il n’y a pas très longtemps de cela qu’on parlait de Gaëtan Duval, le charismatique King Creole et de Navin Ramgoolam, le charismatique leader rouge, qui ont été adulés dans leur fief de Curepipe et de Triolet respectivement. L’un n’y est plus et l’autre se défend bien. Navin Ramgoolam a raison de dire lors du lancement de la campagne du Parti Travailliste qu’on ne fabrique pas un leader charismatique. Tout comme on ne fabrique pas un professeur qui en a la vocation et subjugue ses étudiants, on ne fabrique pas un artiste de la trempe de Malcolm de Chazal, un musicien comme Ti frère.

Depuis déjà quelques années, on a vu émerger d’autres hommes politiques comme Paul Bérenger qui ont su rallier des intellectuels et idéalistes mais sans arriver les tenir tous en bride. Que voit-on aujourd’hui ? Des jeunes qui n’ont pas reçu une formation les rendant capables d’exercer un mandat électoral. Des plus âgés assez frustrés par le régime actuel et qui veulent convaincre que la politique, c’est aussi pour eux. Milite-t-on vraiment pour la promotion politique d’une nouvelle classe sociale ou d’une jeunesse, gage d’une Ile Maurice stable, unifiée et en phase avec le développement ? Cette pratique est loin d’être satisfaite.

On entend souvent qu’il faut changer les habitudes électorales, assurer la transition en donnant plus de chances aux jeunes. Mais le résultat est tel parfois avec les gates qui se multiplient concernant les jeunes qu’on finit par recueillir comme commentaires – tout sauf les jeunes ! Un candidat est jugé sur la campagne qui doit inspirer confiance. Quelle philosophie le ou la guide ? S’il sait défendre son idéal et celui de son parti, le message passe bien. Il faut aussi avoir un rôle sur la scène médiatique locale.

Il faut servir la nation mais ne pas se desservir par des faux pas. La politique de proximité est cruciale. Un ou une activiste lors d’une campagne est plus que jamais « la main droite ».

 

 

  • Published in print edition on 1 November 2017

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