Et le combat continue…

Il y a des pesanteurs qu’il faut combattre, des modes de pensée qui persistent. Le manque de culture générale et de formation politique des générations montantes se fait de plus en plus sentir — Par Shakuntala Boolell

Coups bas, attaques frontales, utilisation orientée et éhontée de la presse, tous les moyens sont bons pour « descendre » son adversaire. Faut-il ou non s’attaquer à un candidat au cours d’une campagne politique ? Les avis sont partagés. On n’arrête pas de dire que le respect de la personne est nécessaire au maintien de la grande communauté politique. Chez nous, le droit à la parole est un droit réservé à tous les citoyens, qu’ils soient candidats, activistes, observateurs, etc. Alors comment peut-on prétendre que tous sont sur la même longueur d’onde ?

Combattre par certains actes et paroles

A tous les coups, les adversaires veulent prouver leur force en coupant les banderoles de celles qu’ils considèrent gênantes. Comme il y a plusieurs partis en lice, on s’accuse les uns les autres. Le moment propice pour ce coup bas est aux petites heures du matin. Ainsi, on ne s’expose à aucune poursuite en dommages et intérêts.

Le plus souvent un candidat s’attaque à un autre en épluchant des dossiers qui puissent être compromettants. C’est le cas de le dire ! La plupart des dossiers sont bien en vue. Des allégations de toutes sortes sont faites pour faire croire que « les mains propres ne sont pas là où on le pense ? », sauf pour celui ou celle qui combat cet adversaire. La liste des fautes de l’adversaire promet d’être longue ! Il semblerait qu’un combat dans ce style – très mauricien – ait un lien étroit avec la vengeance, l’envie de polluer le camp adverse et pourquoi pas, l’incapacité de se prouver autrement…

La grossièreté dans les mots et gestes est une arme de plus en plus courante. Des exemples récents ont bien montré que la femme est une cible qui doit subir la foudre de l’homme. Dommage que ces hommes publics mènent des combats qui ne rabaissent pas leur adversaire mais eux-mêmes au premier chef !

Combat plus agissant

L’engagement des candidats, des activistes et des partis politiques ne peut rester théorique. Si aujourd’hui on entend des reproches sur des élus qui ont disparu de la circulation et ont oublié les votants, c’est que leur combat a été personnel et égoïste ! Malheureusement ce profil d’élu existe et est balayé d’un revers de la main par des citoyens.

Malheureusement, c’est ce type d’élu qui a provoqué un taux d’abstention en hausse. Quand on vote pour un candidat ou une candidate, on prend l’habitude de compter sur cette personne pour résoudre des problèmes de quartier, de logement, d’approvisionnement en eau, de pollution sonore ou autre. Un combat efficace doit être continuel qu’on soit élu ou non !

Pendant une campagne, le combat est mené par un groupe qui agit ensemble, même si ce groupe se répartit sur plusieurs zones. Le collectif féminin rouge du Parti Travailliste s’impose concrètement sous la forme d’interactions avec différentes tranches d’âge. Le point fort de ce collectif est de partager des repas selon les goûts des uns et des autres. Les personnalités de ces femmes qui mènent le combat sont admirables et inspirent confiance. Toutes, qu’elles aient 20 ans ou 60 ans, ont su découvrir la force que leur donne le regroupement.

Le combat sur le terrain est le plus difficile. La femme de terrain sait désamorcer une crise pour se donner une mission de conciliation. Le combat se situe visiblement dans la capacité d’écoute et de compréhension des besoins des autres. Combien de femmes engagées ailleurs ont-elles cette patience ?

Evolution du combat

On n’est plus dans les structures conventionnelles. Les circonstances forcent à remettre en question la manière de faire. L’époque est révolue de remplacer une idéologie par une autre école de pensée. Les générations nouvelles s’attendent à quoi ? Il y a des pesanteurs qu’il faut combattre, des modes de pensée qui persistent. Le manque de culture générale et de formation politique des générations montantes se fait de plus en plus sentir.

Tout en les inscrivant dans la réalité historique et en leur présentant des modèles du passé que beaucoup ignorent, on trouve moyen de les intégrer plutôt que de les marginaliser. C’est par ignorance que les générations nouvelles veulent absolument échapper aux servitudes et développent des préjugés contre des anciens…

Passer à l’action, c’est créer des passerelles qui facilitent les interactions. Il faut capitaliser sur les modèles, les exporter grâce aux innovations technologiques. Au cas contraire, les jeunes qui ont des qualités valables risquent de se jeter dans la gueule du loup. On reconnaît tous que le combat comme le pouvoir politique doit s’accompagner d’un savoir sur bien des choses et leurs modes de fonctionnement.

Il semble que chaque parti ne pourra retrouver ses lettres de noblesse qu’à travers un combat évolutif et accessible à toutes les générations. Il faut remplacer les belles paroles et les promesses illusoires par une vision pratique, un mode agissant.

 

 

*  Published in print edition on 24 November 2017

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