KRJ Yash

Ce qui compte vraiment…

 

Premièrement

Cinq ans moins 100 jours…  

Des squatters sont délogés puis sont installés dans une usine désaffectée, mais retapée et alimentée en eau courante et en électricité, un casino obtient un permis d’opération dans une petite ville hautement résidentielle et bien après des voix discordantes se font entendre, des industriels privés obtiennent un contrat pour que l’Etat leur achète leurs productions d’électricité à un prix avantageux, quitte à ce que le CEB arrête sa production. Ces faits semblent a priori être indépendants, mais ce n’est pas le cas. Ils ont tous alimenté à un moment ou un autre des débats parlementaires. S’il y a, semble-t-il, une volonté politique de faire bouger les choses, elle s’arrête ici: aux portes du Parlement! La transformation des idées en actions ne se fait pas. Vous me direz qu’il n’y a pas d’urgence et que le gouvernement s’installe tout juste, et c’est vrai que vous avez raison !

Mais comment ne pas être déçu par les 100 derniers jours que nous venons de vivre par rapport aux premiers 100 jours du précédent mandat du Premier ministre ! Qu’est-ce qui a changé ? Est-ce qu’il n’y a plus personne pour débattre des idées et proposer des mesures, y a-t-il quelqu’un pour nous empêcher de tourner en rond ? Ou bien est-ce la peur de mal faire qui tétanise certains membres de ce gouvernement, cela pourrait se comprendre après que les ardeurs du ministre de l’Industrie et du commerce aient été refroidis, et la communication grippée de la ministre de la Santé. Qu’un Attorney General brasse plus la communication qu’un ministre du Tourisme est une grande première. Mais Chuut! Ce gouvernement et ce pays s’endorment…

En 2005, la stimulante opération de « lev paké allé » avait donné un signal d’une nouvelle attitude chez le Premier ministre. Est-ce qu’il a de nouveau changé en 2010 pour redevenir celui de l’an 2000, les mandarins et petits caporaux semblent plus que jamais boulonnés à leurs sièges et cela augure que des abus vont être bientôt commis, embarrassant une fois de plus le Premier des ministres. La décision de ne pas attribuer les mêmes portefeuilles ministériels aux ministres sortants de son précédent cabinet aurait dû donner un coup de jeune et relancer la machine. Le Premier ministre aurait donc fait le nécessaire, mais pourquoi tout cela reste-il aussi fade ?

Un Premier ministre peut dire son mécontentement, se donner une image d’une personne qui prend des décisions et avec qui on ne «badine» pas, mais à force de faire des déclarations d’intention qui ne changent rien, nous pouvons nous poser des questions.

Le plus puissant de tous les Premiers ministres ne peut mesurer sa force que par rapport à l’opposition du jour. Si aujourd’hui nous avons une opposition paillasson, cela ne veut pas dire que cette opposition va toujours rester au niveau zéro. Si l’opposition parlementaire n’a plus le souffle nécessaire pour être sur les fronts contre le gouvernement, il y a de fortes chances qu’une opposition extra-parlementaire prenne le relais pour devenir une alternance au pouvoir.

Je ne suis pas en train de parler de la prétendue troisième force politique, soi-disant en gestation depuis des lustres, et qui fait rêver ces confortables petits bourgeois dans leur discours de salon, non je ne parle pas de cela. Je fais allusion à cette partie de la population qui a su profiter de l’éducation gratuite du Parti travailliste pour sortir des champs de canne et venir travailler dans les usines et les bureaux, cette population qui veut élever ses enfants dans ce pays, qui veulent acheter un bout de terrain, une maison, investir dans l’avenir et pour l’avenir.

Cette population s’accroît de jour en jour. Par exemple, les Mauriciens qui auraient émigré facilement si la crise économique n’avait pas brisé les reins du capitalisme, commencent à vouloir faire bouger leur pays et réfléchissent à l’avenir de l’île Maurice. Notre modèle de développement ne doit pas seulement être repensé, mais stimulant pour que nous devenions le tigre de l’océan Indien qui nous fait tant fantasmer.

Le Parti travailliste est au gouvernement, après un premier mandat de cinq ans, voilà plus de 100 jours que le MSM l’a rejoint au pouvoir dans ce nouveau mandat, êtes-vous satisfait ? Respirez-vous la joie de vivre dans les rues du pays ? « Patience donne mwa enn ti létan mo pou guette ça la ! » Avons-nous le choix ? Pas pour l’instant… 

Deuxièmement

 

 “Nearly all men can stand adversity, but if you want to test a man’s character, give him power.”
— Abraham Lincoln 
 

KRJ YASH

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