« Le PTr, le MMM et le PMSD jouent gros dans l’élection partielle…

Interview : Eric Ng Ping Cheun, économiste et directeur de PluriConseil

… celui qui la remportera se positionnera favorablement pour la conquête du pouvoir »

Après quelques années au pouvoir, force est de constater que le deuxième miracle économique de l’Alliance Lepep n’a pas eu lieu même si l’économie mauricienne se porte assez bien dans la conjoncture internationale actuelle. Toutefois la République de Maurice se vante d’avoir tant de compétences, notamment des hommes et femmes politiques, des conseillers en tous genres et aussi des experts proches de certains d’entre eux. En parallèle, il y a aussi les rapports des experts qui terminent toujours leur parcours dans un tiroir. A quelques semaines des élections partielles, nous avons invité Eric Ng Ping Cheun pour nous éclairer sur la situation économique et sociale, et ce que l’on pourrait attendre de la classe politique.   

Mauritius Times : Comment se porte l’économie mauricienne présentement, M. Ng ? Et, dans quel état un nouveau gouvernement va-t-il trouver notre économie en 2019-2020, selon vous ?

Eric Ng Ping Cheun : L’économie mauricienne se porte assez bien, mais sa performance est en-dessous de ce qu’on espérait au début du mandat de l’actuel Gouvernement. Souvenez-vous, ce dernier avait promis à la population un deuxième miracle économique avec Sir Anerood Jugnauth comme Premier ministre et Vishnu Lutchmeenaraidoo comme ministre des finances. Beaucoup y avaient cru, même des économistes et des porte-parole du secteur privé. J’avais affirmé, pour ma part, que ce miracle n’était pas faisable, et aujourd’hui les faits me donnent raison. Quels sont ces faits ?

D’abord, la croissance économique. Au début, le Gouvernement nous promettait 5,7% de croissance, puis elle a abaissé ses ambitions à 4,1%. Elle était soutenue en cela par les prévisions de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Maurice. Mais la production nationale ne progresse toujours qu’à moins de 4,0% par an. Pour l’année 2017, Statistics Mauritius prévoit 3,7%, et même MCB Focus vient de réviser ses estimations à la baisse à 3,6%.

Il est bon de savoir que, dans son document ‘Vision 2030’, publié en août 2015, le Gouvernement visait une croissance annuelle de 5,5% à partir de 2017. C’est dire qu’il a lamentablement échoué sur le plan économique. Ensuite, au niveau sectoriel, il n’a pas pu augmenter à 25% la part de la manufacture dans l’économie. Au contraire, la contribution du secteur manufacturier est passée de 15,3% en 2014 à 13,4% en 2017. Autre échec : le revenu par tête demeure en-dessous de 10,000 dollars alors que le Gouvernement voulait l’accroître à 13,500 dollars en 2018. Maintenant, il dit repousser son objectif à 2021…

Il existe heureusement une éclaircie dans la grisaille : l’emploi a repris au deuxième trimestre de 2017 avec une création nette de 12,400 postes par rapport au trimestre correspondant de 2016. Pour toute l’année 2017, Statistics Mauritius estime que le taux de chômage baissera à 7,2% contre 7,9% en 2015. Toutefois, le problème demeure le chômage des jeunes de 16 à 24 ans, qui est de l’ordre de 25%, et le chômage féminin qui reste à deux chiffres, soit 10,7%. Ce qui m’amène à dire que la légère décrue du chômage est conjoncturelle et non structurelle.

Il se trouve que celle-ci est accompagnée d’un retour de l’inflation, qu’on estime à 3,6% pour l’année 2017. Pourtant, l’indice des prix à l’importation a baissé de 2,3% entre le premier et le deuxième trimestre de 2017, et le dollar américain s’est apprécié contre la roupie au troisième trimestre. Une explication plausible serait que la demande domestique a été stimulée par les mesures budgétaires et monétaires. Maintenant, l’introduction de l’impôt négatif sur le revenu, le salaire minimum et la compensation salariale risquent d’alimenter la hausse des prix au début de l’année.

* Vous faites référence au “deuxième miracle économique”, mais le Gouvernement n’en parle plus. S’il va falloir repasser, avez-vous des craintes pour l’économie mauricienne dans l’immédiat et le moyen terme ?

Il faut dire que les deux personnes qui étaient censées nous apporter un deuxième miracle économique ne sont plus à leur poste respectif de Premier ministre et de ministre des finances. Celui qui a pris ces deux portefeuilles n’a pas été élu pour occuper ces responsabilités. Il existe là un problème de légitimité. Quand on n’a pas de mandat populaire pour exercer le pouvoir suprême, on peut difficilement imposer sa marque pour diriger le pays.

Les cyniques diront qu’une économie n’a pas besoin de démocrates à la tête du pays, mais qu’elle peut bien s’accommoder d’un dictateur pour fonctionner correctement. D’ailleurs, le secteur privé mauricien ne se soucie guère des dérives liberticides que le pays a vécues avec des arrestations policières arbitraires et des tentatives d’amendement à la Constitution pour mettre au pas le Directeur des poursuites publiques.

La démocratie n’intéresse pas les grands patrons ; ce qui compte pour eux, c’est que l’Etat les aide à faire des profits. Justement, c’est dans l’immobilier que l’Etat encourage, par des incitations fiscales, les groupes privés à s’engager. On a parlé de plusieurs milliards de roupies d’exemption fiscale dans les projets de ‘Smart Cities’. De fait, le secteur privé ne semble pas être intéressé à investir massivement dans d’autres secteurs que l’immobilier. Et c’est cela qui me fait craindre pour l’économie mauricienne dans les court et moyen termes.

Au lieu de diversifier les secteurs productifs, le Gouvernement favorise la spéculation foncière et le développement immobilier, créant ainsi une bulle financière qui éclatera lorsque les promoteurs seront dans l’incapacité de rembourser leurs emprunts. De surcroît, ce type de développement ne génère pas suffisamment d’emplois pour les jeunes diplômés.

* A quoi attribuez-vous les dysfonctionnements et autres déficiences de l’économie ? Aux décideurs politiques ? A la stratégie économique ? A l’absence d’initiatives du secteur privé ? A l’absence d’un ministre à plein temps aux commandes des Finances ?

Une stratégie économique qui repose essentiellement sur la construction et l’immobilier ne nous mènera pas loin, d’autant que nous sommes une très petite île. Quand nous aurons tout construit, que restera-t-il pour faire croître l’économie ? Une destination touristique comme Maurice ne peut pas cohabiter avec du béton partout sur le littoral. Nous devrons avoir une stratégie qui promeut une croissance durable de l’économie, à savoir, il ne s’agit pas seulement d’avoir une croissance verte, carburée aux énergies renouvelables, mais aussi une croissance soutenue par des activités diversifiées et par des infrastructures financières et informatiques de haut niveau.

Le manque de diversification économique s’explique en partie par l’absence d’initiatives du secteur privé. Comme toujours, ce dernier attend que l’Etat lui fournisse toutes les facilités avant d’entreprendre une nouvelle activité. Que font les entreprises privées pour investir dans la technologie industrielle, pour numériser leurs outils de production, pour adopter des technologies financières ? Avec ou sans soutien de l’Etat, elles doivent impérativement s’intégrer dans la quatrième révolution industrielle afin d’être compétitives au plan international. La compétitivité ne se résume pas à dévaluer la roupie !

Au lieu de subventionner l’industrie sur le dos des contribuables, le Gouvernement doit inspirer confiance. Les entreprises veulent voir du leadership à la tête de l’Etat. Or, le Premier ministre a pris trois jours pour sanctionner un membre de son Gouvernement pour des propos à relent communal. Si le Vatican a contribué à sauver l’économie italienne de la banqueroute, ici l’Eglise catholique a évité à l’économie mauricienne une explosion sociale.

L’indécision du chef du Gouvernement caractérise aussi son administration de l’économie. Il a pris beaucoup de temps avant de prendre des mesures pour les secteurs sucrier et textile au regard des développements internationaux. C’est à se demander s’il suit ce qui se passe dans le monde des affaires, puisqu’il traite les Finances à temps partiel. Effacé du débat économique, il laisse le terrain médiatique à des démagogues et des charlatans, avec pour résultat qu’il agit en fonction des pressions et des lobbies, et non sur des principes de rationalité économique. L’économie est en pilotage automatique.

* Pourtant Maurice a gagné 24 places dans le dernier classement de ‘Ease of Doing Business’ de la Banque mondiale, arrivant à la 25ème position. De plus, elle est sortie en haut du classement 2016 de Mo Ibrahim. Quel rapport existe-t-il entre de tels indicateurs et l’efficacité des politiques économiques et la performance de l’économie ?

Les indicateurs de la Banque mondiale et de Mo Ibrahim sont des indicateurs synthétiques construits sur la base des lois adoptées par les pays. Ces indicateurs ne mesurent pas l’efficacité des politiques économiques, laquelle est évaluée par la performance de l’économie. Les indicateurs de performance économique sont notamment la croissance, le chômage, l’inflation et la balance commerciale, entre autres.

La Chine et l’Inde occupent la 78ème et 100ème place respectivement sur le classement de ‘Ease of Doing Business’. Néanmoins, leur économie est bien plus performante que la nôtre ; elle attire beaucoup plus d’investissements directs étrangers que nous ; et nous avons une balance commerciale largement déficitaire avec ces deux pays.

Il est sans doute plus facile d’établir une entreprise à Maurice qu’ailleurs. Mais il devient de plus en plus difficile de réussir en affaires ici, précisément parce que nos politiques économiques ne sont pas efficaces. Par exemple, l’Etat impose aux entreprises une politique salariale qui ne correspond pas au niveau de productivité. Dans le même esprit, Maurice professe la bonne gouvernance sur papier, mais elle la pratique peu, comme on le voit dans les entreprises publiques et même privées.

* La mise en chantier des ‘smart cities’, les grands projets infrastructurels à hauteur de Rs 130 milliards qui, comme le Metro Express, vont transformer Maurice dans les prochaines années, la mise en œuvre du ‘Road Decongestion Programme’, et la concrétisation de certains projets hôteliers viendront sans doute booster la construction et créer de l’emploi. Le tourisme, qui connaît une performance satisfaisante, l’économie bleue et le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) devraient aussi générer des emplois. Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas de ceux qui se laissent enivrer par des chiffres astronomiques qu’on balance pour épater la galerie. La question est de savoir combien de dépenses effectives sont faites dans le secteur de la construction. On fait grand cas du rebond de 7,5% attendu dans ce secteur en 2017. Mais ce taux n’a rien d’impressionnant dans la mesure où il fait suite à une croissance zéro en 2016 et à cinq années de contraction. D’ailleurs, les Rs 17,5 milliards de valeur ajoutée générée dans la construction en 2017 sont inférieurs aux Rs 19 milliards de 2012.

Le secteur aurait dû faire une croissance à deux chiffres, comme le tourisme en 2016, pour avoir un impact réel sur toute l’économie. En fin de compte, MCB Focus a « further downgraded our outlook for construction. Thus, contrary to prior expectations and in spite of recording a relative upturn after several years of lacklustre growth, the sector’s impact on nationwide activities would be quite contained. »

Le tourisme a montré un excellent résultat l’année dernière avec une croissance réelle de 11,5%. Mais le taux tombe à 5,9% en 2017, soit le plus bas des quatre dernières années. Il faut aussi dire que les revenus par touriste demeurera en dessous des Rs 46,000 enregistrés en 2012.

La croissance de l’industrie des TIC, elle, connaît une tendance à la baisse. Elle était supérieure à 6,0% par an jusqu’à 2015, mais elle est tombée à 5,4% en 2016 et sera de 4,6% en 2017, selon Statistics Mauritius. Le nombre de grands établissements (ceux ayant plus de 10 employés) dans ce secteur a baissé, de 140 en 2014 à 129 en 2016.

Quant à l’économie bleue, n’en parlons pas, puisqu’il n’y a rien à dire. Le ministre concerné se signale davantage par ses affaires de famille que par des réalisations dans ce secteur. Après la grande conférence de 2015, le cadre législatif est toujours absent.

* Déjà, des milliers de Mauriciens vivent toujours dans une situation de précarité, à l’instar des ‘school cleaners’ dont la grève est, selon certains, le signe avant-coureur d’une crise. Faute du ‘Marshall Plan Against Poverty’ annoncé dans le budget, l’espoir pour toutes ces familles viendra du salaire minimum, selon vous ?

Le cas des « school cleaners » est un problème bien précis, et il est heureux que le Gouvernement ait enfin trouvé une solution. Le salaire minimum viendra relever le niveau de vie des bénéficiaires, mais à condition qu’ils préservent leur emploi. Si leur employeur n’ont pas les moyens de soutenir le salaire minimum et décident de licencier des employés pour sauver l’entreprise, ce sont ces derniers qui seront les grands perdants.

Le grand économiste Milton Friedman n’a jamais compris comment il serait moral d’avoir des chômeurs plutôt que des emplois sans salaire minimum. Le plus important, c’est de se faire embaucher et de conserver son emploi. Celui qui a un travail acquiert de la dignité, des relations, de l’expérience et des connaissances. Celui qui se retrouve en dehors du monde du travail devient désabusé et cède à des maux sociaux. Il n’existe pas de meilleure façon de combattre la pauvreté que de créer des emplois pour ceux au bas de l’échelle sociale.

* Mais au rythme où vont les choses sur le plan économique tant local que mondial, pensez-vous que la pauvreté et la précarité vont toucher d’année en année un plus grand nombre de Mauriciens, avec des conséquences graves sur notre tissu social ? Comment gérer cela ?

Vous reconnaissez dans votre question que c’est l’économie qui peut améliorer le social. Une détérioration économique aura évidemment un impact négatif sur le tissu social avec un accroissement de la pauvreté et de la précarité.

Je n’anticipe pas une hausse conséquente du nombre de pauvres à Maurice dans les années à venir. Ce qui m’inquiète, en revanche, c’est l’appauvrissement de la classe moyenne. Les gouvernements qui se sont succédé ont accordé plusieurs aides sociales aux plus démunis et de nombreux « cadeaux fiscaux » à la classe économique dirigeante, mais peu d’attention au salariat.

Les salariés ont été d’autant plus négligés qu’ils ont vu leur pouvoir d’achat réduit par la dépréciation de la roupie, et leur maigre épargne dévalorisée par les baisses agressives du taux d’intérêt. Il faudra arrêter cette honteuse politique de Robin des Bois à l’envers, consistant à prélever un impôt d’inflation des gens modestes pour subventionner des industriels nantis.

* La criminalité est source d’inquiétude pour beaucoup de personnes. Les cas d’agressions et de vols à l’arraché, l’utilisation des drogues synthétiques qui affectent la presque totalité des familles de certaines régions, et les achats de caméras de surveillance par les particuliers seraient en hausse, et on n’a qu’à voir le nombre de maisons qui sont entourées de deux longues clôtures barbelées pour se faire une idée des appréhensions des Mauriciens, malgré les statistiques sur la baisse de la criminalité. Est-ce la faute à l’économie, aux politiques ou à une attitude qui privilégie l’argent facile ?

Lorsque l’économie va mal et que le coût de la vie augmente, les gens qui vivent dans la précarité deviennent désespérés. Ils sombrent dans la petite criminalité comme les vols, estimant qu’ils n’ont rien à perdre.

L’analyse économique de la criminalité, suivant les travaux du prix Nobel d’économie Gary Becker, démontre que les criminels sont motivés dans leurs actes par des gains économiques supérieurs aux coûts qu’ils peuvent subir. Ils prennent le risque, sachant que s’ils sont condamnés, ils seront nourris et bien traités en prison. Un détenu coûte Rs 775 par jour aux contribuables. Ceux qui livrent des poisons aux prisons font de bonnes affaires… De leur cellule, certains prisonniers peuvent communiquer par téléphone portable et s’adonner au trafic de drogue… La vie serait meilleure en prison qu’à l’extérieur.

La cause de la criminalité n’est donc pas tant l’économie que le comportement économique. Il est donné en exemple par les politiciens qui privilégient l’argent facile. Ils profitent de leur passage au pouvoir pour amasser le maximum d’argent, quitte à faire fi de la morale. « Government is Government, and Government decides », et ce qui est légal prime sur ce qui est légitime : on n’a jamais autant entendu ces expressions délirantes que sous la présente législature. Rien d’étonnant que le Gouvernement veuille aller au bout de son mandat.

* Avez-vous le sentiment que les hommes politiques – la présente génération aux commandes au sein du Gouvernement et dans les autres partis politiques du pays – sont dépassés ? Ou qu’ils n’ont pas les solutions aux problèmes qui guettent le pays ? Ou faut-il croire que leurs intérêts personnels ne coïncident pas nécessairement avec ceux du pays ?

Je pencherais plutôt pour la réponse suivante : les intérêts personnels des hommes politiques ne coïncident pas avec ceux du pays. Ils ne regardent pas l’intérêt national, mais prennent chaque mesure par calcul politique. Ils ne l’adopteront que si elle leur fait gagner des votes. Ils n’opteront pas pour des mesures impopulaires même si c’est dans l’intérêt de l’économie à long terme sauf si elles s’alignent sur leurs intérêts personnels. Entre le Metro Express et la réforme des pensions, le choix politique est facile à comprendre…

Les hommes politiques connaissent les solutions aux problèmes du pays. Les tiroirs de leur bureau sont remplis d’études à ce sujet. Il suffit d’avoir la volonté politique d’appliquer les recommandations. Ceux qui n’en ont pas le courage sont des politiciens dépassés. D’autres peuvent encore apporter leur expérience à l’exercice du pouvoir.

* Selon vous, quelle est la voie à suivre pour sortir le pays du marasme dans lequel il se trouve ? Un compromis politique ? Les clichés du genre ‘faire la politique autrement’ n’ont rien donné de probant…

Un compromis politique peut-être, mais sûrement pas des compromissions sur des principes de bonne gouvernance. Je pense que nos élus des deux côtés de la chambre doivent avoir, comme aux Etats-Unis, une approche bipartisane sur un certain nombre d’enjeux économiques et sociaux d’importance capitale. C’est de bonne guerre de chercher à marquer des points politiques. Mais il ne sert à rien de critiquer à tout va toute décision gouvernementale simplement parce qu’elle relève de l’exécutif. Il est temps de changer la manière de faire la politique pour se mettre au diapason des aspirations des jeunes générations.

On peut faire la politique autrement si les actions suivent les bonnes paroles. Mais on dit une chose dans l’opposition, et on fait son contraire une fois au pouvoir. C’est ce qui explique la désaffection, non pas de la politique, mais des politiciens traditionnels, et cela gagne du terrain.

J’ose croire que les prochaines élections générales verront un renouvellement de la classe politique, un phénomène qui commence à prendre de l’ampleur dans les démocraties occidentales, comme on l’a vu en France, en Autriche et au Canada.

* « Les élections au No 18 doivent servir à construire une nouvelle force politique pour 2018 », nous disait Jack Bizlall la semaine dernière. Il ajoute : « Qu’apportera un candidat élu du PTr, du MMM, du PMSD ou du MP à l’Assemblée nationale que Bérenger, Mohamed, Ganoo et Duval ne peuvent faire aujourd’hui ? Quoi de neuf, d’innovant ? » Qu’en pensez-vous ?

Que pourra faire Jack Bizlall tout seul à l’Assemblée nationale ? Même avec 23 élus, tous les partis d’opposition ensemble ne peuvent changer les décisions de la majorité parlementaire. Toutefois, une victoire de Jack Bizlall ou de Kugan Parapen ou de Roshi Bhadain ou même de Tania Diolle enverra une onde de choc aux partis politiques traditionnels qui se verront alors obligés de procéder à un renouvellement de fond de leurs structures et stratégies.

Par ailleurs, le PTr, le MMM et le PMSD jouent gros dans cette élection partielle, car celui qui la remportera se positionnera favorablement pour la conquête du pouvoir. Le vainqueur peut espérer voir une vague se lever en sa faveur en marge des élections générales, ou du moins avoir un grand pouvoir de marchandage pour négocier une alliance à ses conditions. En 2018, le pays entrera en pré-campagne électorale… et l’économie demeurera au second plan.

 

*  Published in print edition on 24 November 2017

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