« L’échiquier politique sera bouleversé ‘beyond recognition’ »

Interview : Sydney Selvon, Journaliste et Historien —

L’affaire MedPoint devant le Privy Council

* ‘Pravind Jugnauth n’aurait eu d’autre choix que de démissionner s’il était le Premier ministre de l’Inde ou de l’Angleterre’

 * ‘Ce n’est pas exagéré de croire dans une victoire du MMM à une partielle’

Tout citoyen a le droit de contester une décision de justice qui le concerne et demander le réexamen d’une l’affaire en exerçant la voie de recours y afférente. Tel est le cas du DPP qui a obtenu deux jugements favorables à ce jour, ce qui apporte une certaine agitation dans le monde politique. Dans cette nouvelle configuration, Roshi Bhadain dont la démission ne susciterait aucun vif intérêt auprès de l’électorat concerné, recule de plusieurs places sur l’échiquier politique. Les observateurs, eux, affinent leurs opinions sur les évènements politiques. Sydney Selvon, fait un retour en arrière pour mieux cerner les contours de la classe politique contemporaine. Il est aussi question de l’avenir, de la relève en politique et des éventuelles alliances électorales.

 

Mauritius Times : Le DPP vient de remporter deux manches dans la lutte où l’exécutif et lui s’opposent depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement. Premièrement, il a obtenu de la Cour suprême, de faire appel au Conseil Privé contre l’acquittement de Pravind Jugnauth dans l’affaire MedPoint. Ensuite, il a gagné son procès contre l’ICAC, le ministère du Logement et des Terres qui, « in the presence of the Attorney-General », s’opposaient à sa demande de ‘judicial review’ de leur décision visant à l’arrêter et à ordonner une enquête de l’ICAC sur son implication alléguée dans « l’affaire Sun Tan ». Quelle lecture faites-vous de ces développements ?

Sydney Selvon : Dans les deux cas, le DPP a tout au moins réussi à les porter devant des instances supérieures à celles qui avaient pris des décisions cruciales tant concernant le sort final qui serait réservé au Premier ministre relativement à sa condamnation pour conflit d’intérêt dans l’affaire MedPoint, aussi bien que son propre sort – le DPP – dans une épreuve qui l’oppose à un exécutif qui a tenté de le faire arrêter pour une intervention alléguée dans l’affaire Sun Tan. Le public a toujours eu l’impression que c’était une guerre entre le DPP, personnage-clé de l’Etat et de la Constitution, et le pouvoir politique arrivé au pouvoir en décembre 2014. Bien sûr, les deux ‘affaires’ sont loin d’être terminées, mais l’une et l’autre ont terni l’image du pays tant localement qu’à l’étranger. Dans les deux cas, des décisions courageuses s’imposent. Il n’est pas question de mon opinion personnelle mais de celle imposée par la démocratie de l’Europe à l’Inde et d’autres vraies démocraties.

Dans le cas du chef du Gouvernement, il devrait normalement ‘step down’ le temps que durera l’appel contre son acquittement dans une affaire de conflit d’intérêt. Dans le deuxième cas, celui concernant le DPP, il y a aussi la possibilité d’une affaire politiquement concoctée pour le faire partir du fait qu’un projet de loi de l’Alliance MSM-ML reste suspendu au-dessus de sa tête, visant à l’éliminer constitutionnellement mais n’ayant pas eu la majorité parlementaire requise en raison d’une atteinte grave à l’indépendance de ses pouvoirs constitutionnels par un comité nommé, recruté et dont le contrat est financé par le pouvoir politique. Cette perception a d’ailleurs causé l’éclatement de la défunte Alliance Lepep avec le départ du PMSD qui a refusé de voter en faveur de ce projet de loi.

* Dans un communiqué de presse émis suivant le jugement de la Cour suprême, hier, le panel d’avocats de Pravind Jugnauth soutient que « le jugement rendu ce matin ne remet pas en cause l’innocence de M. P. K Jugnauth, reconnue par la Cour suprême. Ainsi, le jugement initial rendu par la cour intermédiaire le 2 juillet 2015 demeure annulé, et les conclusions sur les faits auxquelles la Cour suprême est arrivée dans son jugement du 25 mai 2016 demeurent valides ». La question d’une démission ne se pose pas, du point de vue des avocats de M. Jugnauth…

A mon avis, il n’aurait eu d’autre choix que de démissionner s’il était le Premier ministre de l’Inde ou de l’Angleterre ou de n’importe quelle autre grande démocratie respectée.

Sur le plan politique, cela embarrasse tout le monde, y compris son parti. Politiquement, il serait indécent à mon avis, de faire un nouveau deal cette fois piti-papa dans le sillage du papa-piti, pour que le Mentor soit ré-intronisé. Il faudrait qu’on aille directement aux élections générales si on envisage un retour du Mentor ou un autre Premier ministre, plus crédible, présenté à l’électorat.

J’ai déjà prédit une éventualité : pas un seul membre de l’actuel gouvernement ne sera élu aux prochaines élections au train où vont les choses. Il serait difficile pour moi de conseiller quoique ce soit au MSM, si on me demandait mon avis, ne serait-ce que pour se faire la même santé et la même crédibilité de décembre 2014. L’échiquier sera bouleversé ‘beyond recognition’ à la manière des échecs qui se succèdent pour l’Alliance MSM-ML au pouvoir.

* Par ailleurs, la dernière dans le feuilleton de démission annoncée de Roshi Bhadain, c’est le « conseil d’ami » d’Arvin Boolell de revoir sa décision de provoquer une élection partielle au no. 18. « Il y a un début de cohabitation et de cohésion parmi les parlementaires de l’opposition ; nous devons rester unis… » Que décodez-vous de cette prise de position du Deputy Leader du PTr ?

Je vous donne ma lecture personnelle de la prise de position d’Arvin Boolell. Cela n’engage que moi en tant qu’observateur de la chose politique.

Je pense que Arvin Boolell est un fin tacticien. En passant, il a toutes les qualités pour diriger un PTr réformé de fond en comble, sinon à la tête d’une dissidence comme en 1978-79, et faire, avec une nouvelle équipe de dirigeants comprenant des parlementaires rouges actuels et Roshi Bhadain, une bonne alliance électorale qui amènerait un partage du pouvoir en alliance avec un autre parti. Ce que ne semble pas pouvoir faire le PTr avec Navin Ramgoolam à sa tête.

Arvin Boolell ne veut pas aller sur le terrain pour se battre contre tout le monde en tant que candidat ou, à défaut, comme un des dirigeants du PTr. Dans cette optique, il veut éviter une aggravation de la division de l’opposition. Evitons une partielle et on verra plus tard, dit-il. Il est fort possible qu’il ne se passe rien plus tard qui pourrait donner raison à Arvin Boolell, surtout que le PTr reste figé dans ses structures pré-décembre 2014. Comme son père en 1979, Arvin Boolell risque de quitter le PTr qu’après que le bateau ne coule en 1982. Sir Satcam Boolell avait eu tort de rester.

* Ce conseil d’Arvin Boolell à Roshi Bhadain surprend parce que le PTr aurait trouvé dans une éventuelle partielle au no. 18 une aubaine pour recouvrer son honneur après la débâcle de décembre 2014. Arvin Boolell paraît être le seul membre du PTr capable d’apporter la victoire pour ce parti — même dans une lutte à trois en face du MMM et de Bhadain et consorts. Qu’en pensez-vous ?

Honnêtement, je ne vois pas le PTr gagner à coup sûr à Quatre Bornes, même si le MSM est très impopulaire et pourrait même ne pas participer à la partielle. Mais les travaillistes pourront au moins jauger du degré de leur remontée par rapport à décembre 2014. Et repenser l’avenir, ce qui serait déjà beaucoup dans l’optique travailliste d’une restructuration radicale et efficace du parti.

Pour le MMM, qui ne charrie pas les nombreuses casseroles de ses adversaires, ce sera une occasion également de souligner cet aspect des choses qui pourrait plaire à une majorité de l’électorat fatiguée de découvrir scandale après scandale depuis 2011, et ce, chaque semaine qui passe – Medpoint, Boskalis, Betamax, BAI, Soornack, et j’en passe. Chacun des deux camps, MSM et PTr, se bat pour se disculper ou pour faire inculper l’autre.

Si j’ai raison de voir ainsi la situation, le MMM partirait favori à l’élection partielle avec Satish Boolell ou Vijay Makhan ou un autre comme candidat. Je pense aussi que ce qui reste de l’électorat MSM-ML voterait MMM.

* Roshi Bhadain devait savoir que son appel pour un « front uni » de l’opposition en vue de soutenir sa candidature au no. 18 allait rencontrer une fin de non-recevoir du PTr et du MMM, puisque vous ne voyez pas ces deux partis subordonner leurs stratégies et objectifs à ses calculs politiques, non ?

Je suis d’accord. Malgré tous les efforts les plus ‘genuine’ de sa part, Roshi Bhadain ressemble à un ‘cadeau empoisonné’ pour les partis d’opposition du fait qu’il a participé à toutes les décisions du Cabinet ministériel depuis décembre 2014. Là où il trouverait refuge, ses hôtes seraient très embarrassés par sa participation aux ‘scandales’ que ces derniers attribuent au présent gouvernement.

C’est sûr qu’il est un des jeunes parlementaires les plus intelligents de la cuvée de décembre 2014. Il a un certain charisme et une grande éloquence. Il est un des orateurs qui maîtrise le mieux la langue anglaise. Mais c’est un homme qui, à mon avis, n’arrive pas à contenir son impatience et qui n’est pas bien conseillé tel que le devrait être tout parlementaire voulant faire carrière en politique.

* A l’heure où nous parlons, il est toujours incertain que Roshi Bhadain soumette effectivement sa démission au Speaker de l’Assemblée nationale. Mais ses chances de réussir son pari politique paraissent plus ou moins « éloignées » en l’état actuel des choses. Une défaite scellera-t-elle la fin de sa carrière politique ?

Il n’est pas juste de lui prédire une fin de carrière quand même. Mais vous avez raison, les chances de tenir son pari politique sont très minces en l’état actuel des choses.

La dernière rumeur le concernant, c’est qu’il ne démissionnerait pas si le MSM ne propose pas de candidat contre lui. Mais la logique veut qu’il démissionne d’abord pour que le MSM ait ou n’ait pas de candidat ! Il ne devrait pas démissionner si c’est une « condition » qu’il met en avant. Il devrait se faire plus petit et plus humble, et repartir sur de nouvelles bases comme un vrai député indépendant.

Dans trois ans, il aura pris assez de distance et de recul par rapport à sa malheureuse expérience au MSM. Il devrait s’efforcer de ne plus rester un incompris, incapable de gagner la confiance de ses collègues dans l’opposition. C’est le conseil que je lui donnerais s’il m’en demandait un. S’il reste au Parlement, il devrait se concentrer sur le gros travail de député qui l’attend.

* Si la démission de Bhadain devait survenir dans les jours qui suivent, il ne serait pas « exagéré » d’anticiper une victoire du MMM dans une lutte à trois, opposant ce parti au PTr et à Bhadain et consorts, C’est ce que soutiennent certains analystes de la chose politique. A votre avis, quelles vont être les conséquences politiques d’une victoire du MMM pour le PTr et le MSM ?

Ce n’est pas exagéré de croire dans une victoire du MMM à une partielle. Le MMM est le parti qui n’a pas vraiment de casseroles débordantes de scandales perçus, allégués, sinon paraissant convaincantes aux yeux de la population quoiqu’en disent certaines institutions, du fait que la séparation des pouvoirs n’est pas ce qu’elle est dans les grandes démocraties.

Le MMM y est peu concerné par rapport aux autres partis sur l’échiquier. Sa seule erreur, c’est d’avoir accepté un prime ministership pour Paul Bérenger de Ramgoolam. Ensuite, le MMM s’est fait piéger par ce dernier avec une présidence qui aurait mis Paul Bérenger sous bol – ou du moins, c’était la perception de la majorité de l’électorat en décembre 2014.

J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt le discours très sobre de Paul Bérenger sur le budget suivi d’un discours également sobre de Pravind Jugnauth. Il se trouve que ce dernier, provoqué par Reza Uteem, en avait tellement sur le cœur qu’il a lancé une attaque en règle contre le MMM pour avoir quitté le ‘remake’ et préféré Navin Ramgoolam à un Anerood Jugnauth alors que Paul Bérenger avait réussi à le convaincre de quitter le Réduit pour se présenter comme Premier ministre.

Ma lecture des évènements est totalement différente de celle des autres observateurs et des médias. Mais pour ne pas m’adonner à des spéculations, je préfère rester prudent tout en continuant à observer de près ce qui se passe et à parler aux parlementaires de tous les bords politiques que je rencontre chaque semaine. S’il y a une élection partielle et si les partis au pouvoir ne mettent pas en place de candidat, j’ai comme l’impression que les sympathisants du régime voteraient pour le MMM pour barrer la route au PTr et à Bhadain.

Alors, on peut facilement deviner la suite. Le MMM se positionnerait après la partielle pour prendre le pouvoir aux prochaines élections générales – ce qui, pour le MSM, serait une meilleure perspective que celle de voir les travaillistes arriver au pouvoir avec Navin Ramgoolam. J’ai remarqué que Pravind Jugnauth, après avoir déballé tout ce qu’il avait sur le cœur, ce qu’on ne peut pas objectivement lui reprocher, a repris de la hauteur par rapport à la politicaille.

J’ai l’impression que le gouvernement, à 30 mois de la fin de son mandat, prend des gants avec le MMM et semble de plus en plus convaincu que le PMSD rejoindrait le PTr. Je suis persuadé que les partis au pouvoir chercheront quelque arrangement électoral avec le MMM.

Mais je suis moins sûr que le MMM accepterait une telle alliance après son échec avec le PTr en 2014. Bérenger et consorts sont moins revanchards que la vieille garde du PTr revenue (ce qui m’étonnerait) au pouvoir. Si des dissidents travaillistes suivaient la voie des dissidents rouges de 1978-1979 au sein du PSM, ce serait la fin pour le MSM. Les jeunes loups travaillistes au Parlement sont, de loin, d’excellents parlementaires que Ramgoolam n’a pas intérêt à perdre… au risque de tout perdre.

* Que Roshi Bhadain démissionne ou non, cela va provoquer quand même une réflexion et des analyses sur la force des différentes forces politiques présentes sur l’échiquier politique présentement, les permutations probables tant au niveau des alliances qu’au niveau du leadership des partis et ce qu’une lutte à trois pourrait éventuellement produire lors des prochaines élections générales. Quelle analyse en faites-vous ?

Effectivement, dans les deux cas de figure, démission ou pas, il reste qu’on n’est qu’à 30 mois des prochaines élections générales si elles n’ont pas lieu plus tôt. Si le projet d’éducation gratuite en 1976 n’a pas empêché la défaite du Parti travailliste cette année-là, je ne vois pas le Metro Express sauver les partis actuellement au pouvoir.

Je viens de parler des permutations – et elles sont très limitées. Si chacun va séparément, le MMM va augmenter substantiellement ses chances de victoire. Dans ce contexte, les agents du MSM finiront, le jour du scrutin, par demander un vote pour le MMM afin d’échapper aux règlements de compte qui s’annoncent sous un nouveau pouvoir travailliste dirigé par Ramgoolam. Ce dernier n’hésiterait pas à réserver un sort similaire à ce qu’il a subi à ses tortionnaires d’hier.

* Il paraît que le MSM aurait décidé de s’abstenir d’une partielle provoquée par Roshi Bhadain, n’y voyant aucune nécessité de se soumettre à un test de popularité en l’état actuel des choses. Par contre, si le MSM et le MMM parviennent à accommoder les ambitions et les intérêts des uns et des autres, un « remake » MMM-MSM pourrait constituer une option « séduisante » pour les leaders de ces deux partis, selon Lindsay Rivière. Qu’en penseront les militants, selon vous ?

Je ne crois pas que les militants du MMM seraient d’accord pour répéter avec le MSM le scénario qui leur a apporté la lourde défaite de décembre 2014. Mais, aujourd’hui, je le répète, le MSM a intérêt à se retrouver sous un régime mené par Paul Bérenger et Pradeep Jeeha ou Ajay Gunness que par Navin Ramgoolam.

Il faudrait que le MSM réussisse à appeler le MMM à un partage du pouvoir le plus vite possible, presque dans l’immédiat, dans le cadre d’un projet de société viable et réalisable qui absorberait au moins la moitié des chômeurs, sinon plus, dans du travail productif dans les régions rurales et urbaines avec une révolution énergétique comme cela se passe en Espagne depuis 2011.

Alors il faudrait que le MSM réussisse à convaincre le MMM et une population très hostile au gouvernement actuel depuis plus d’une année de Vale à Plaine Verte à Poste de Flacq et ailleurs qu’un miracle économique reste possible d’ici 2019.

* La position adoptée par Arvin Boolell par rapport à une partielle au no. 18 et son conseil à Roshi Bhadain de revenir sur sa démission cacherait peut-être un malaise plus profond autour de la question, non résolue jusqu’ici, du leadership du PTr. Cette problématique connaîtra-t-elle une issue, selon vous ?

Il n’y aura d’issue que si Arvin Boolell et une nouvelle garde travailliste bougent ensemble comme le PSM en 1979. Navin Ramgoolam ne cèdera pas le leadership du PTr à qui que ce soit. C’est, à mon avis, la seule issue possible et viable. La prise de position d’Arvin Boolell semble dire à Bhadain d’attendre encore un peu.

Mais attendre quoi ? Si le PSM n’avait pas tranché en 1979-1980 le nœud gordien qui le paralysait, même le MSM n’aurait pas existé. Si le PSM avait attendu que Sir Satcam Boolell quitte le gouvernement, il aurait disparu avant sa création,…

* Le MSM aura réussi quand même à mettre à son actif durant le présent mandat la retransmission des travaux parlementaires. Et l’image très forte qui se dégage à partir du visuel, c’est l’émergence de la relève dans le monde politique avec les prestations remarquables de quelques jeunes politiciens principalement dans l’opposition mais aussi certains dans le camp gouvernemental. La relève se met en place, paraît-il ?

Bien sûr, le MSM a amené un rajeunissement de la classe politique, ce qui se voit sur la chaîne de télé parlementaire. Il y a des jeunes et brillants politiciens élus sous sa bannière MSM en décembre 2014. D’ailleurs, deux d’entre eux ont quitté le parti pour des raisons différentes.

D’autres sont restés. Ils misent beaucoup sur l’aspect social important de leur parti et les nouvelles prestations sociales pour réduire la pauvreté absolue. Mais je ne sais vraiment pas s’ils ont eu raison de miser tout leur avenir politique là-dessus alors que le miracle économique n’a pas été réalisé comme promis.

Du côté de l’opposition, il y a aussi des jeunes qui sont prometteurs. Ils s’affirment positivement au Parlement. Oui, la relève se construit.

* En attendant que cette relève se confirme, l’opposition devra faire avec encore deux autres Budgets de Pravind Jugnauth, comme ce dernier l’a affirmé lors de son « summing-up » des débats budgétaires. La traversée du désert sera longue, semble-t-il ?

Je ne sais pas si Pravind Jugnauth apprendra les leçons qui s’imposent depuis son dernier budget. Il y a du bon et du moins bon dans ce budget. Il faut être de bonne foi et le reconnaître. Le problème fondamental de son budget : il ne propose pas de projet de société viable et réalisable pour une île Maurice plus productrice que consommatrice.

Au 21e siècle, les projets d’avenir se fondent sur un retour à une production alimentaire et agricole abondante et une production abondante d’énergie verte. Un tel projet a été présenté au Parlement à partir des bancs de l’opposition indépendante des partis et, fait surprenant, a valu à son auteur des applaudissements nourris des deux côtés de la Chambre et un billet écrit de félicitations venant d’un ministre en haut de la hiérarchie du MSM.

Mais personne ne sait si Pravind Jugnauth aura l’audace d’entreprendre cet effort qui demandera beaucoup de travail et de concentration ainsi que de volonté de la part de ceux qui en seraient chargés.

Ce n’est qu’un exemple, parmi d’autres, des possibilités qui restent encore dans le domaine du réalisable d’ici la prochaine échéance électorale. Mais le gouvernement actuel a-t-il le montant massif de confiance populaire dont il devrait jouir pour mener à bien ce miracle économique tant annoncé et tant attendu ? La question reste posée.

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