Partielle au N°18 : La Partie d’Echec

Sous nos yeux ébahis se déroule une formidable partie d’échec. Une joute prévue pour durer jusqu’aux prochaines législatives

Sous nos yeux ébahis se déroule une formidable partie d’échec dont les premiers « moves » ont commencé dans l’arrière-cour de la prochaine partielle au n° 8. Une joute prévue pour durer jusqu’aux prochaines législatives.

Notons que depuis l’an 2000, deux passionnés, en l’occurrence Paul Bérenger et Navin Ramgoolam, y sont engagés. En 2000, Bérenger l’avait emporté dans une fin de partie foudroyante. En 2005, Ramgoolam avait construit son succès grâce à un milieu de partie digne d’un grand maître, privilégiant l’issue dite ‘zugswang’ : stratégie de lente avancée et d’usure attendant la faute de l’adversaire.

Il faut dire que ce jeu est un art où l’on ne doit la victoire qu’à son intelligence — une certaine forme, bien entendu. La patience, l’idée subite et la technique – la stratégie, la tactique, la psychologie — s’y joignent dans une proportion très précise en se conjuguant simplement.

Cependant, les novices lors d’une une partie entre les joueurs confirmés combinant leurs mouvements plusieurs coups d’avance ne peuvent saisir les buts stratégiques et les arabesques des pièces sur l’échiquier d’autant qu’ils sont vite dépassés lorsque l’ouverture est fulgurante. Bref, de quoi déboussoler les analystes novices en la matière…

C’est ce qui est en train de se passer avec cette ouverture fulgurante et déroutante de Bérenger. Suite à celle de Ramgoolam – plutôt classique – qui joue sa reine (Arvin Boolell) dans le but d’ouvrir des brèches dans le camp adverse. Bérenger, lui, a choisi d’entrée de jeu de sacrifier volontiers une pièce maîtresse (Nita Jaddoo). Ce coup déstabilisateur pour l’adversaire groggy a pour but de faire avancer et prendre la reine de l’adversaire. Il sera ainsi en situation avantageuse pour la suite de la partie qui se terminera aux prochaines législatives.

Comme je l’avais suggéré vendredi dernier dans ces mêmes colonnes, Bérenger propulse Nita Jaddoo au casse-pipe pour faciliter la marche de Boolell vers le traquenard. Pour une fois, on peut dire que Bérenger ne déconne pas lorsqu’il insiste avec force que le MMM ne s’encanaillera pas avec le MSM compte tenu de l’état de déconfiture dans lequel se trouve le régime orange. Les affaires et autres scandales survenant en rafales et qui plombent sérieusement un pouvoir brinquebalant écartent de manière définitive le Remake.

C’est bien entendu mon humble avis, différent de bien d’autres observateurs. Je l’avais déjà dit vendredi dernier. Le « move » de Bérenger sur l’échiquier montre bien que l’option Boolell, d’une manière ou d’une autre, est privilégiée par Bérenger.

Reste que ce n’est pas certain que Boolell – qui n’est pas né de la dernière pluie -marche dans la combine. Bérenger qui accumule les échecs – si j’ose dire – électoraux malgré ses ingéniosités déconcertantes et déroutantes, fait penser à ce coyote de dessin animé qui déploie des tonnes de dynamite pour réduire son adversaire, mais se fait – en fin de compte – tout péter au nez.

Mais soyons rassurés, il ne va pas crever car, en politique comme en dessin animé, on ne meurt jamais. Explosé, carbonisé, les yeux en vrille, et malgré les oreilles qui sifflent, il ne pourra s’empêcher d’entendre s’esclaffer le monde entier.

Et que vont faire les autres ? Je pense en particulier au Pm non-elect dont un éventuel candidat à cette partielle n’a aucune chance de réussir. Une consultation qui aura lieu sans le moindre doute, malgré les suppliques incessantes et agaçantes à la fin de Bérenger pour la tenue de législatives anticipées.

Il faut dire que Pravind Jugnauth sait mieux que quiconque que faute d’une alliance avec le MMM ou le PTr ou encore le PMSD (désormais dans la cour des grands), c’est perdu d’avance. Le Remake, c’est mort et enterré ; un rabibochage avec le PMSD, c’est improbable, une réconciliation avec le PTr impensable. Alors foutu pour foutu, il vaut mieux s’accrocher à ce fauteuil de Pm non-elect jusqu’à la fin d’autant que sa majorité, quand bien même composée de bric et de broc, est suffisamment large pour tenir jusqu’au bout – surtout pour eux-mêmes – et profiter du train de vie insolent que leur offre un pouvoir si dispendieux avec le pognon des taxpayers.

Bref, la partielle aura bien lieu et la participation « à leur façon » de Lepep sera réduite à un rôle de spectateur, avec ou sans candidat, face à cette lancinante partie d’échec.

Shiva Y. Patten

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