Satya Ratnam

Grippe de la désinformation et de l’ignorance 

 

— Satya Ratnam

 

A parcourir les titres de presse qui sont apparus pendant le week-end précédent et les jours suivants, on est en droit de se demander s’il y a un virus de la désinformation et de l’ignorance qui circule dans le pays en tandem avec les virus de la grippe.

 

 

 

Ces derniers, on le sait, depuis belle lurette, sont présents partout dans le monde et s’activent surtout à l’approche de l’hiver et pendant toute sa durée. Le résultat est une recrudescence du nombre de cas de rhume saisonnier chaque année dans tous les pays, et les autorités de veille sanitaire et services de santé des pays respectifs se préparent régulièrement à faire face à cet accroissement prévisible de cas de grippe.

D’après les renseignements disponibles à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la grippe saisonnière tue près de 500 000 personnes annuellement dans le monde. Par contre, en ce qui concerne la grippe causée par le virus AH1N1, depuis son avènement l’année dernière, le nombre de cas décédés jusqu’à l’heure se situerait dans les environs de 20 000.

Pour rappel, ce nouveau virus est apparu d’abord au Mexique pour ensuite se propager dans l’hémisphère nord puis au sud, assez rapidement d’ailleurs malgré tous les efforts déployés par les plus hautes instances pour enrayer sa marche. Ou plutôt son envol: car on peut bien s’imaginer qu’avec le volume de transit aérien tous les jours, c’était assez naïf d’espérer que cet ennemi se cantonne dans une seule localité ou un seul pays.

En d’autres mots, la réalité de la situation mondiale est telle qu’il y a des limites à ce que peuvent faire les humains pour empêcher des fléaux à l’échelle mondiale. Et le virus AH1N1 l’a prouvé. Comme ceux du sida et d’autres maladies infectieuses plus courantes ont démontré et continuent à faire des ravages, surtout dans les régions où les normes d’hygiène, de comportement personnel et de sanitation publique ne sont pas respectées. Mais, comme on l’a vu aussi, le virus AH1N1 n’a pas épargné même les pays développés.

De là à croire que l’île Maurice serait à l’abri relève, on peut s’imaginer, de la pure utopie. Mais c’est un déficit de cette petite lueur de compréhension, pour ne pas parler de la pure ignorance, qui a surtout été en évidence dans une partie de la presse et même à l’Assemblée nationale dans la PNQ adressée à la ministre de la Santé. On pourrait même se demander s’il n’y a pas eu une concertation pour faire perdurer et désinformation et confusion.

Qu’en était-il au juste: un, deux, trois ou six cas de présumés atteints ou décédés par le virus AH1N1? Et pourquoi cet acharnement charognardesque pour ces cas quand l’OMS a été, on ne peut plus clair, que le virus servirait désormais avec les autres virus de la grippe saisonnière et qu’il n’y rien d’anormal dans cet état de fait accompli?

C’est toujours l’OMS qui a défini les groupes particulièrement à risque, telles les femmes enceintes, tels aussi les enfants et adultes dans une certaine tranche d’âge, ceux fragilisés déjà par d’autres maladies telles que le diabète, l’asthme et autres conditions respiratoires et cardiaques, etc. Ce, afin de guider les médecins dans leur prise en charge des patients les plus susceptibles et d’agir en conséquence.

Il est malheureux de noter, toutefois, que des titres continuent à entretenir des controverses et alimentent le doute dans l’esprit tant des parents que du public. Ceci constitue une malhonnêteté fondée sur l’exploitation de la faiblesse des préposés, au lieu de les informer correctement et d’essayer de les soulager dans leur détresse.

Et c’est bien là où, à notre humble avis, se situe le rôle critique des médecins traitants – surtout en ce qu’il s’agit des malades admis – à donner le maximum d’informations aux parents et les tenir constamment au courant de l’évolution de la maladie ou de ses complications chez la personne affectée. Ce simple mais si important geste évite la spéculation et l’exploitation commerciale des humains déjà en grande difficulté émotionnelle. Espérons que le bon sens va prévaloir et que la diffusion de fausses nouvelles à visée sensationnaliste cesse immédiatement!

 

Satya Ratnam

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