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Alliances en gestation?

 

« Celui qui le dégoûte ainsi n’est que son partenaire de la merveilleuse alliance MSM-MMM et co-candidat PM de 2005. Quel est donc le fonds de la pensée de M. Bérenger des vieux caciques fatigués de son propre parti ou encore de ses ex-futurs alliés et ses divers PM potentiels? Apprendra-t-on un jour ceux qui n’étaient que des « gros crétins » de circonstance?… »

 

M. Bérenger avouait dans une de ses rares interviews dans la presse, que peu de gens, hormis Lindsay Rivière, comprenaient sa stratégie politique depuis la débâcle de 2005, stratégie qu’il qualifia lui-même de « barricades ». Pour le citoyen lambda, accoutumé aux intempéries et aux cyclones, cette image parlante s’associe que trop aux bourrasques ravageurs, aux volets hermétiquement clos, aux bougies de secours et aux biscuits « cabine » d’antan!… 

 

Un aveu de taille désarmant, car comment, dans de telles conditions, empêcher la lassitude profonde des anciens guerriers, le désarroi des nouveaux bourgeons, la démobilisation des troupes et la sclérose d’idées, alors même que cette plate-forme MMM fait d’un cocktail de dinosaures, de transfuges, de jeunes et d’anciens sur le retour et de divers comparses, style Ashock Jugnauth, Eric Guimbeau et autres Dinesh Ramjuttun a tant de mal à se crédibiliser? Certes, sauf en de rares occasions, aucune bataille électorale n’est jouée d’avance, mais avec un tel attelage et un MMM en nette perte de vitesse, les soutiens traditionnels du parti mauve dans la population ou dans l’establishment du secteur privé vont-ils rester cantonnés dans une perspective aussi défaitiste?

 

Ceci explique-t-il cela? L’aveu aura-t-il eu le mérite de faire cogiter Cassam Utteem, Jean-Claude de l’Estrac et d’autres autour d’un remake de 1995? De toute évidence, ils ne sont pas les seuls à ne pas comprendre un « seul contre tous! » totalement désuet aujourd’hui, même avec un MMM « very, very, senior partner ». A quoi ça servirait d’être VVSP d’une alliance hétéroclite et sans âme, se dirigeant droit aux « karo kan »? Qui donc au sein même du politburo mauve a poussé vers cette voie sans issue? Pas née de la dernière pluie, la population, elle, aura vite fait de supputer le pourquoi du battage médiatique autour d’une alliance rouge-mauve, seul gage, on l’aura compris, du sauvetage du MMM, quels que soient les mérites par ailleurs d’une telle alliance.

 

Et on voudra bien croire que quelques mérites, il y en a sûrement; le problème est de savoir si les appétits démesurés des hiérarques mauves sont en adéquation avec ceux d’un parti usé par trop de « coustics » et qui, au mieux, ne frôle aujourd’hui que 20% de l’électorat. D’ailleurs, même si l’Alliance Sociale disposerait d’une latitude négociable d’une dizaine de tickets, elle doit bien se demander si elle aurait vraiment intérêt à s’élargir pour accueillir un partenaire minoritaire de gouvernance qui n’a été que source d’instabilité chronique, comme en témoignent les épisodes de 1982, de 1993 et à nouveau de 1997.

 

L’autre option pré-électorale tentante, une alliance bleu-blanc-rouge entre partenaires ayant une culture de gouvernance plus ancrée, peut se révéler pour la population tout aussi porteuse d’avenir. Avec ses variantes, elle a été au cœur du développement et du décollage économique du pays durant ce dernier quart de siècle, ce n’est pas là une mince référence. Avec le charisme hors-pair et le naturel de rassembleur de Navin Ramgoolam, les perspectives d’un délaissement des réflexes identitaires et des habituels dépôts fixes sont réelles, consolidant la vocation du PTr comme seule véritable entité politique à caractère national. Les tenants d’une alliance rouge-mauve ont curieusement raison: il n’y a aujourd’hui et pour un bon bout de temps encore, aucun autre PM envisageable que Navin Ramgoolam. Capable de transcender les clivages et de faire appel aux cinq doigts d’une main, en veillant au grain au sein de ses propres troupes, il est en position d’assurer à travers un deuxième mandat plein que le pays entre véritablement dans une nouvelle ère.

 

Quelle que soit l’issue des « koz koze » en cours ou à venir, qui pourra se contenter des allégations, des invectives et des insultes en guise de substitut au vivifiant débat d’idées ou de code d’éthique de nos politiques? Alors que nous n’avons même pas l’excuse d’une campagne électorale bien enclenchée, quelle mouche a donc piqué M. Bérenger la semaine dernière? Déjà il fallait être drôlement à cran pour bouder l’immense élan de solidarité envers Haïti, mais pour qualifier de « petit crétin! » Pravind Jugnauth, leader du MSM, fallait-il que son état soit inquiétant! En quoi, je me demande d’ailleurs, une éventuelle présence de Bérenger au fameux déjeuner du Réduit qui semble lui être resté au travers de la gorge, aurait-il change un iota aux affaires courantes?

 

On aurait pu faire l’impasse sur une formule insultante mais malheureuse, seulement voilà, M. Bérenger, visiblement fatigué et déboussolé, prend grande peine à nous rassurer que cette invective ne reflète que « le fond de sa pensée! ». De quoi s’inquiéter sérieusement, car celui qui le dégoûte ainsi n’est que son partenaire de la merveilleuse alliance MSM-MMM et co-candidat PM de 2005. Quel est donc le fonds de la pensée de M. Bérenger des vieux caciques fatigués de son propre parti ou encore de ses ex-futurs alliés et ses divers PM potentiels? Apprendra-t-on un jour ceux qui n’étaient que des « gros crétins » de circonstance?…

 

U.C.

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