Bradrawtee – Sosile – Gayan, une bonne âme…

In Memoriam

« La mère est une divinité, le père est un trésor » – ce proverbe télougou donne toute sa dimension à la place d’une mère dans le cœur. Il faut savoir vénérer cette figure, surtout de son vivant.

En ce 29 novembre 2017, une tante qui a eu une vie bien remplie apporte beaucoup de regrets et de réminiscences. Ses funérailles ont eu lieu à Forest-Side chez Anil Gayan. Ses enfants se souviennent d’une mère qui ne voulait être un fardeau pour personne et qui vaquait à ses occupations habituelles.

Amrita – Momone – ancienne enseignante du couvent de Lorette a même eu la surprise de voir sa mère tenir un journal où elle raconte un pan de sa vie. Ce manuscrit est un précieux document qui figurera dans les archives familiales. Les autres cousines, dont Uma et Sheela, la considèrent comme une mère noble et courageuse qui a su cacher son mal jusqu’au dernier moment.

On la voyait assise parmi les proches lors des fonctions de famille comme le mariage du dernier fils de Soorya Gayan. Elle s’attendait à célébrer le centenaire de son frère aîné, Bhoomithtra. Ce dernier répète que sa sœur Sosile était extrêmement brillante et était classée première dans ses classes. Elle avait fréquenté des écoles primaires, entre autres Notre Dame du Refuge. Ses certificats attestent de ses compétences.

Chandranee Bhuckory – sa dernière sœur — dit avoir perdu aujourd’hui une confidente, une sœur aînée qui l’emmenait à l’école et lui enseignait le savoir-faire. De nombreux neveux et nièces masquaient leur tristesse en évoquant les joies d’enfance dans la maison en paille et en tôle de Triolet, entourée d’une vaste cour où ils pouvaient manger à volonté les jaquiers, vavangs, letchis, longanes et letchis.

Phoupou Sosile donnait, en voyant arriver chez elle toute la marmaille comme dirait Marcel Cabon, la serpe à feu son fils Rajen et à son neveu Vijay Boolell pour couper des jaques et les partager.

Amita Gunesh se rappelle de la maison du Jardin Despeaux, et de la maison de la rue Wellington qui se transformait en un vaste terrain de jeu pour les grandes familles et les voisins. Le père d’une autre cousine, Tara Chintamun, a été maître d’école et voyait en sa petite belle-sœur une fille sharp qui captait les idées du premier coup.

Malgré une scolarité parfaite, elle n’a pas pu prendre part à la petite bourse – Junior Scholarship – faute d’avoir soumis dans les délais son acte de naissance. Sa revanche sur la vie a été d’encourager ses enfants à poursuivre leurs études et leur carrière.

Phoupou Sosile était fière de ses petits-enfants bardés de diplômes. Poonam Geemul – avouée de formation – se souvient d’avoir été conviée par sa grand-mère pour le rituel traditionnel d’aarti, une fois le diplôme en main.

Tant qu’elle l’a pu, elle a travaillé pour soutenir sa famille. Elle a été active au sein du Family Planning et elle prodiguait des conseils aux jeunes filles et mamans. Douée en couture, elle a également servi dans les Community Centres du Nord de l’île dont Plaine des Papayes.

Baisser les bras, jamais elle ne l’aurait fait, car elle avait été grandement inspirée par sa mère Cosila Boolell, pionnière de l’Arya Samaj.

C’est un long jour, un jour sans les proches. Heureusement les souvenirs restent impérissables.

 

* Published in print edition on 1 December 2017

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